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Elsa Hermal, co-fondatrice d'Epicery : "Nous aidons les commerçants à avoir plus de ventes"

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La co-fondatrice d'Epicery, Elsa Hermel, a expliqué lundi sur franceinfo que sa start-up permet aux commerçants de proximité de "proposer de nouveaux services à leurs clients".

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Elsa Hermal, co-fondatrice de la start-up Epicery sur le plateau de franceinfo, le 5 février 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le magazine américain Forbes vient de distinguer la start-up Epicery. Cette entreprise permet de commander en ligne chez les commerçants de son quartier et de se faire livrer à domicile. Sa co-fondatrice, Elsa Hermal a expliqué lundi 5 février sur franceinfo que "les acteurs traditionnels que sont les bouchers, primeurs, fromagers et poissonniers étaient à la recherche de nouveaux services à proposer à leurs clients".

franceinfo : Avec vous on peut faire ses courses en ligne chez les commerçants de son quartier pour des produits frais. On est ensuite livré dans l’heure. Le service existe déjà à Paris et à Lyon. Il y a déjà beaucoup de services de livraison. Pourquoi un de plus ?

Elsa Hermal : Très bonne question. Ce qu’on fait chez Epicery est relativement nouveau. Il n’existait pas de service qui vous permettait de vous faire livrer de la viande, du poisson ou des fruits et légumes de la qualité de celle que vous trouvez chez vos commerçants de quartier. Il existait beaucoup de services de livraison de plats préparés. C’est pour cela qu’on dit que le domaine de la foodtech est très dynamique. Par ailleurs, les acteurs traditionnels de la distribution alimentaire avaient leur propre site de e-commerce. Les bouchers, les primeurs, les fromagers, etc. étaient à la recherche de nouveaux services à proposer à leur clientèle pour se différencier. C’est là qu’Epicery est venu leur proposer un service qui leur permet de mettre leurs produits en ligne, tout en permettant aux urbains actifs de faire leurs courses facilement sur leur smartphone.  

Donc, ils préparent les commandes, vous venez les chercher et vous les livrez…

Tout à fait. Les clients passent commande sur l’application ou sur le site internet d’Epicery. Ils choisissent les produits qu’ils souhaitent ajouter à leur panier. Le commerçant est équipé d’une tablette pour qu’il reçoive la commande. Il la prépare. Et nous allons la chercher et la livrons chez le client.

Avec combien de clients travaillez-vous aujourd’hui ?

Nous travaillons avec 300 commerçants et artisans. C’est le signe qu’ils nous font confiance. Nous nous sommes lancés il y a seulement un an. Ils sont 250 à Paris et 50 à Lyon.

Combien paye le client pour ce service de livraison ?

2€90, il s’agit du prix standard de la contribution au service et de livraison. Il y aura un léger supplément si la commande est à faire dans l’heure ou si elle se trouve chez un commerçant de l’autre bout de la ville.

Et le commerçant, combien paye-t-il pour être inscrit sur votre plateforme ?

L’inscription pour le commerçant est gratuite. La mise en ligne de ses produits également. Nous lui demandons une commission de 25% sur les ventes.

C’est la même commission pratiquée par Uber avec ses chauffeurs. C’est beaucoup...

Effectivement, c’est la même. La différence, c’est qu’on apporte aux commerçants deux services. Le premier est l’apport d’affaire, sur le même principe que ceux de nombreux acteurs de e-commerce. Le second est la livraison. Donc ces 25% ne nous reviennent pas totalement. Ils nous permettent de financer la livraison et la plateforme.

En devenant l’intermédiaire entre le client et le commerçant. Votre but est-il d’uberiser tous ces commerces de proximité ?

Le mot "uberisation" est diabolisé. On permet aux commerçants de se digitaliser. Nous sommes en ce sens un intermédiaire. Mais, de la même façon, nous leur permettons d’apporter autant de services que la grande distribution ou des acteurs 100% e-commerce. Les commerçants nous voient donc comme un allié pour se digitaliser. Nous leur permettons de diversifier leur activité et à avoir plus de ventes.

Des professionnels du web comme Xavier Niel ont parié sur Epicery. Depuis, quelques semaines Monoprix est devenu votre actionnaire. Ce n’est pourtant pas un petit commerçant…

Monoprix a compris qu’en s’alliant avec nous, les rues commerçantes allaient être plus fortes. Dans les rues, Monoprix et les commerçants créent des synergies les uns et les autres. Vous allez avoir besoin de ces deux types de commerçants pour l’ensemble de vos courses. Les bouchers et les primeurs pour les produits frais. Monoprix pour le reste. Grâce à ce partenariat, on recrée la même chose en ligne.

Vous voulez profiter du réseau Monoprix, présent dans 250 villes ? Est-ce que cela veut dire qu’Epicery sera bientôt partout ?  

C’est tout ce qu’on peut nous souhaiter. Il y a 650 Monoprix en France. Dans des plus petites villes, nous sommes en train de développer un projet pilote. Nous souhaitons rassembler les commerçants autour du Monoprix afin que s'organise la livraison des commerçants du quartier en même temps que la livraison de Monoprix.  

Amazon est en train de se développer dans le commerce alimentaire. Le géant américain fait peur à tous les distributeurs traditionnels. Est-ce qu’ils ont raison ?

Amazon fait peur aussi aux petits commerçants. Ils n’ont pas les armes pour lutter face à Amazon. C’est pour cela que chaque acteur est à la recherche de plus de service à proposer à leurs clients. C’est le combat qu’on souhaite mener avec Epicery, Monoprix et des acteurs de la ville : permettre aux centres-villes d’être animés.

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