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Les eurosceptiques fourbissent leurs armes

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Alors que François Hollande vante le réformisme de Gerhard Schröder, en Allemagne, pour le 150ème anniversaire du SPD, en France, les eurosceptiques fourbissent déjà leurs armes pour les prochaines élections européennes de 2014.
Article rédigé par
Radio France
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La semaine dernière déjà, Marine
Le Pen le disait haut et fort, la présidente du Front National vise la première
place pour son parti aux européennes. Aujourd'hui, le Front de gauche
organise un séminaire à Paris avec des représentants du parti allemand Die
Linke. Le communiste Pierre Laurent explique son objectif : construire une
nouvelle union européenne, sans pour autant sortir de l'euro.

 

La politique européenne, telle
qu'elle est menée actuellement, n'est "plus supportable" par les
peuples européens, explique le numéro un communiste, pour lequel il faut
organiser une alternative à gauche.

Les socialistes français s'adonnant à une
social démocratie à l'allemande qu'il condamne.

Pour ces partis, qu'ils soient de droite ou de gauche, l'Europe est
devenue un repoussoir.

Et c'est bien ce qui devrait
préoccuper les europhiles, c'est-à-dire ceux qui depuis longtemps défendent l'idéal
européen. Pendant de longues années, les
adversaires de l'UE lui préféraient un idéal nationaliste. L'Europe représentait
une entité dangereuse, dirigée par une technocratie vorace,  qui allait absorber la souveraineté nationale. Ils étaient décrits comme des souverainistes. La crise a modifié leur argumentaire.
Les eurosceptiques n'osaient pas renier l'idée européenne toute entière, ils
refusaient simplement  une certaine évolution
de cet idéal. Aujourd'hui, Marine Le Pen n'hésite
pas à le dire : elle " devient europhobe ".

Les Front de gauche n'hésite
pas non plus à dénoncer une Europe que les peuples "ne supportent plus". De la Grèce à l'Espagne, l'Europe
est devenue un repoussoir, un adversaire.

Et les élections européennes
risquent bien de se transformer en vaste référendum pour ou contre l'Union
Européenne.

Et les europhiles alors ? où sont-ils passés ?

Ils semblent beaucoup moins
impatients de plonger dans cette campagne. L'UMP est absorbée par d'autres
enjeux, plus internes, ou parisiens. Les écologistes se préoccupent
plus des municipales, qui précèdent, il est vrai, le scrutin européen.

Quant aux socialistes, c'est François
Hollande qui donne le ton. Depuis que le candidat a promis
de ré-réorienter l'union européenne, le président s'efforce de composer avec
une Allemagne que son pacte de relance ne convainc pas. Les socialistes comptaient sur
l'éventualité d'une alternance en Allemagne, pour fléchir la chancelière, mais
la popularité d'Angela Merkel est solide. François Hollande a donc
recours à une stratégie plus longue, un effort de persuasion obstiné, qui ne
portera pas forcément ses fruits avant les élections de juin 2014.

Pourtant, le président français
n'hésite pas à brandir la menace des progrès des extrêmes dans toutes l'Europe,
pour tenter de passer de l'austérité à la rigueur. Pour l'instant, l'austérité
résiste.

Nous sommes à un an et demi des
élections européennes.

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