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Le torchon brûle entre le président du Sénat et celui de l'Assemblée nationale

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Gérard Larcher a annoncé cet après-midi ne plus vouloir travailler avec Claude Bartolone sur "l'engagement républicain" comme le leur avait demandé François Hollande après les attentats qui ont frappé le pays. À l'origine de ce coup de sang du président de la Haute-Assemblée, des déclarations de Claude Bartolone ce matin qui a répété qu'il était favorable à une suppression du Sénat.
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Radio France
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Un coup de sang qui vient  de loin, d'un contexte tendu en ce moment pour le Sénat, qu'en 1969,le général de Gaulle voulait réformer, déjà et qu'en 1998 Lionel Jospin considérait comme une anomalie parmi les démocraties. Les propos tenus ce matin par Claude Bartolone ne date pas pourtant d'hier (de ce matin en l'occurence) où il n'a fait que répéter ce qu'il disait dans son livre paru en octobre ou il se prononçait pour une fusion du Sénat et du Conseil économique et social. Un livre dans lequel le président de l'Assemblée se prononce aussi en faveur de la supression du poste de Premier ministre et pour une réduction significative du nombre de députés au Palais Bourbon, personne à l'époque ne s'était drapé dans l'indignation. Comme a pu le faire dans l'hémicycle Bruno Retailleau le président du groupe UMP. 

Pourquoi ce coup de sang aujourd'hui alors ?

Il y a eu des frictions ces derniers jours, le refus mercredi par le Sénat de fusionner les chaînes de télévision Public-Sénat et LCP proposé par l'Assemblée pour faire des économies. Élu sénateur de l'année, Gérard Larcher n'a pas apprécié l'absence à la remise des prix de Claude Bartolone pour cause de présence du Front national (il l'a dit ce matin sur France Info) et puis il y a eu ce reportage hier soir sur France 3, gênant, épinglant les avantages matériels des élus et fonctionnaires du palais du Luxembourg. Ces 350 millions d'euros de budget annuel et les 23.500 euros mensuels que coûterait chacun des 347 sénateurs au contribuable.

Cette surréaction a toutes les apparences d'un contre-feu

Et d'un sursaut corporatiste. Tous les présidents de groupe y compris à gauche qui se sont exprimés cet après-midi ont évoqué ce reportage dans leurs interventions à l'image de Vincent Capo-Canellas sénateur centriste. Tous, socialistes compris ont dénoncé les propos de Claude Bartolone. Jacques Mézard pour le Parti radical de gauche s'en est même pris aux députés. Et c'est le président Gérard Larcher qui a conclu cette séance inédite où l'on a vu Roger Karoutchi le sénateur UMP des Hauts-de-Seine applaudir la présidente du groupe communiste, par exemple, puis Gérard Larcher qui doit présenter une reforme du sénat le 11 mars a conclu par:

"On me dit parfois rond, mais je suis aussi un homme de décision et d'engagement, puisant dans les traditions la force du devenir."

Tous les sénateurs se sont levés pour applaudir Gérard Larcher. Après cette passe d'armes inédite entre les deux chambres moins de trois semaines après la marche républicaine. Dans la soirée, Claude Bartolone a répondu au président du Sénat en lui demandant de ne pas "perdre son sang-froid " ni de "fracturer, au bénéfice de petits calculs électoraux, la précieuse unité nationale ".

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