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FN : le scenario du cauchemar pour la droite et la gauche

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Marine Le Pen s'est présentée aujourd'hui comme le " vrai chef " dont la France a besoin. La présidente du Front national se verrait bien accéder au pouvoir. Un scénario qui hante les esprits à droite comme à gauche.
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Radio France
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C'est un cauchemar électoral
de plus en plus souvent évoqué dans les discussions, hors micro. Le premier acte de ce
scénario noir se jouerait aux municipales. Sous le label " Bleu
Marine ", le Front national obtiendrait un nombre significatif d'élus.

Dans certaines communes, son apport serait indispensable à la droite pour
obtenir la majorité. Sous couvert d'ententes
locales, des élus UMP s'accorderaient donc avec d'autres élus locaux non
estampillés FN officiellement, pour construire une majorité. Ces accords s'établiraient officieusement
au 3ème tour, lors de la désignation du maire, ce qui permettrait aux
états-majors nationaux de ne pas en être comptables.

Le Front national se
contenterait de cette discrétion, car ces accords permettraient de franchir un
pas de plus dans la dédiabolisation locale de ses élus. La seconde phase des
européennes offrirait l'affichage spectaculaire de l'ascension du FN, avec la
victoire du mouvement, devant l'UMP et le PS.

**Cette victoire est-elle aussi facile à imaginer ?

**

Si la crise continue, avec la
rigueur ou l'austérité qu'elle impose, l'idéal européen sera bien difficile à
vanter pour les partis traditionnellement européens. Le PS, parti au pouvoir,
sera le plus exposé. Les élections
intermédiaires, à la proportionnelle, encouragent le vote sanction, ou
avertissement envers le gouvernement. La gauche contestataire jouera à plein sa
partition pour réclamer une réorientation de l'Europe, et de la politique économique
nationale. Mais l'UMP ne sera pas
forcément en très bonne posture non plus. Le calcul du FN, c'est que l'UMP
risque fort de se diviser entre souverainistes et européens, ou bien se contraindre
à une unité sclérosante, qui l'empêche de défendre une politique alternative.

En adoptant la posture du " vrai
chef qui agisse avec autorité, mais sans autoritarisme ", Marine Le
Pen adopte déjà une posture qu'elle compte revendiquer jusqu'en 2017.

 

Les européennes de 2014 ne constitueraient donc qu'une étape
dans la progression du Front National. Dans l'optique de Marine Le Pen, cette
élection marquera, au moins, le travail de sape qui mènera à l'explosion de l'UMP,
dont la présidente du FN récoltera les fruits en 2017.

Le summum du rêve, pour
elle, serait de remporter la présidentielle.

Le rêve minimal, c'est d'être
indispensable à la droite pour obtenir une majorité à l'Assemblée. Quelle que
soit la posture du leader de l'UMP, la pression serait si forte qu'il ne
pourrait empêcher la rupture de la digue, et  la constitution d'une majorité avec le FN, et
pourquoi pas, Marine Le Pen au poste de Premier ministre. J'imagine que ce scenario fait frémir à l'UMP.

**Mais est-ce
qu'il ne s'agit pas d'un épouvantail brandi par la gauche. Comme cela a déjà été
le cas vis-à-vis du FN ?

**

 

C'est vrai, ce scénario est
plus souvent imaginé à gauche qu'à droite. Son évocation aurait le
mérite de rappeler le spectre du 21 avril 2002, avec Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.
Il obligerait les électeurs de gauche à ne pas trop se disperser.

Mais ce scénario agite également
les esprits à droite. Il ne constitue pas encore un argument politique interne.
Mais le distingo se dessine petit à petit, entre ceux qui pensent qu'il faut
concurrencer le FN par un discours musclé, et ceux qui souhaitent ne pas rompre
avec le centre. La ligne de partage n'est pas encore assumée. Les sondages ne
mesurent pas encore la pertinence de la stratégie de Marine Le Pen.

 

 

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