Adoption des mesures sur le pouvoir d'achat : premier test réussi pour Emmanuel Macron ?

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Les mesures sur le pouvoir d’achat ont été votées, au terme de trois semaines de débats acharnés.

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Radio France
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Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée à Paris le 28 juillet 2022 (JULIEN MATTIA / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Le chef de l’État a eu beau saluer sur Twitter des mesures "en responsabilité, en bâtissant des compromis comme les Français l’ont souhaité" et son ministre de l’Économie Bruno Le Maire annoncer "une victoire politique", l’accouchement s’est fait dans la douleur.

Le pouvoir d’achat, sujet majeur de la campagne présidentielle, était la clef d’entrée dans ce deuxième quinquennat au scénario inédit. Une sorte de répétition générale pour les cinq années à venir. Au final, la majorité toute relative n’a pu faire passer ses textes qu’avec le soutien des Républicains, qui se proclament comme étant "la seule opposition utile aux Français", tout en se demandant s’ils ne finiront pas absorbés par la Macronie. Le Rassemblement national s’est abstenu, pour ne pas provoquer l’incompréhension de ses électeurs tout en poursuivant sa quête de respectabilité. La Nupes quant à elle, qui pratique le coup d’éclats permanent, finit bredouille : pas de SMIC à 1 500€, pas de grand soir et un vote contre les mesures mises sur la table, qu’il va bien falloir justifier au retour en circonscription.

Quelque chose a changé dans la marche du quinquennat 

Il n'est plus possible de légiférer comme jadis : vous ameniez votre réforme bien ficelée au Parlement, et la majorité absolue faisait le reste, à coups de 49-3 si nécessaire. Ça, c’était l’ancien monde, qui aura perduré bien après 2017. La bataille parlementaire sur le pouvoir d’achat impose un changement de méthode. En témoigne le projet de loi immigration de Gérald Darmanin, initialement prévu en octobre, qui sera précédé de deux mois de débats. L’ambitieux ministre de l'Intérieur va devoir patienter.

Emmanuel Macron est en train, contraint et forcé, d’esquisser un nouveau monde. Le président ne peut plus gouverner en enjambant le Parlement et les corps intermédiaires, ce qui lui avait été reproché. Pour réformer, il lui faut désormais déminer, débattre, voire amender les textes, au-delà de sa propre famille politique, c’est là la grande nouveauté.

Emmanuel Macron entend désormais écrire son nouveau récit, imposé par les circonstances : le premier chapitre en sera l’installation en septembre de son Conseil national de la refondation, regardé avec méfiance par les partenaires sociaux. Un "objet politique non identifié" qui a vocation à donner le la de la rentrée.

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