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Amina Sboui, l'insoumise

Hind Meddeb retrace aujourd'hui l'itinéraire de la féministe Amina Sboui : à 19 ans, l'ex Femen tunisienne continue son combat contre l'oppression des femmes dans le monde musulman. A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, Amina Sboui a manifesté nue aujourd'hui avec d'autres militantes devant la Pyramide du Louvre à Paris.

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Lors de la manifestation aujourd'hui Amina et six autres femmes qui manifestaient nues ont été rapidement encerclées par la police. Elles  dénoncent notamment des
pratiques comme le mariage forcé ou la lapidation encore en vigueur dans
certains pays. Amina vient de publier chez Plon son autobiographie, Mon
corps m'appartient
.

Dans ce livre, Amina revient sur son enfance, en
Tunisie et en Arabie Saoudite et sur les origines de son engagement féministe. Dès son plus jeune âge, Amina prend conscience de
l'inégalité de traitement entre les filles et les garçons au sein même de sa
famille.

En mars 2013, Amina publie une photo d'elle sur Facebook
avec le slogan "Fuck your morals " inscrit sur son corps. Cette photo fait le tour du monde. Choquer pour
réveiller les consciences, c'est l'idée d'Amina lorsqu'elle décide de rejoindre
le mouvement FEMEN au printemps dernier. Mais à sa sortie de prison en août
2013, la jeune fille comprend que le mouvement féministe ukrainien est avant
tout anti-religieux, elle décide alors de quitter les FEMEN pour voler de ses
propres ailes. Amina respecte les croyants et les religions, ce qu'elle
dénonce, c'est l'oppression faite aux femmes, au nom de la religion.

Amina, a été arrêtée le 19 mai dernier à Kairouan
pour avoir tagué le mot Femen sur le muret d'un cimetière, et au lieu de passer
son baccalauréat comme toutes les autres filles de son âge, elle a passé deux
mois et demi en prison; Dans son livre, elle revient sur son incarcération
et nous fait partager le quotidien de dizaines de femmes tunisiennes
injustement condamnées.

Amina rend tout particulièrement hommage à l'une de ses
compagnes de cellule, Rabaa, passée à tabac par un maton, la jeune femme
enceinte de cinq mois, perd son bébé. Témoin de la scène, Amina décide de
dénoncer ce crime, en alertant ses avocates, parmi elles, Radia Nasraoui,
militante des droits de l'homme et fondatrice, du temps de Ben Ali, de l'Association
de lutte contre la torture en Tunisie. Pour punir Amina d'avoir osé lever le
silence sur les violences faites aux femmes dans l'enceinte de son institution,
le directeur de la prison intente un procès à Amina pour acte de rébellion et
outrage à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions.

A sa sortie de prison, aucun lycée tunisien
n'accepte l'inscription d'Amina. Avec le soutien de l'association des femmes démocrates
tunisiennes, elle obtient une bourse d'Amnesty International pour pouvoir
terminer ses études à Paris.

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