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Les journalistes tunisiens en grève pour dénoncer les pressions politiques

Service minimum dans les médias tunisiens aujourd'hui. Pour dénoncer les intimidations du pouvoir, les journalistes ont appelé à une grève générale. Un mouvement soutenu par plusieurs organisations, comme Reporters Sans Frontières. RSF dénonce une situation "qui ne va pas dans le bon sens" en Tunisie.

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"Les journalistes tunisiens observent une grève générale. Cette grève a été décidée à la suite de l'arrestation de notre confrère Zied el-Heni." Ce message a remplacé toute la journée le bulletin d'information de la RTCI, la Radio Tunis chaîne internationale.

La situation de Zied el-Heni a en effet été à l'origine de ce mouvement de colère. Le journaliste a passé quatre jours en prison, pour avoir publiquement mis en cause un procureur. Il l'a accusé de falsifier des preuves dans une affaire visant un autre reporter. Zied el-Heni a été libéré hier soir, mais cela n'a pas suffi à calmer la colère de ses confrères, car son cas n'est pas isolé. Rien que vendredi dernier, trois journalistes ont été interrogés par la police, et ce n'est pas une coïncidence, selon Samira Dami : "Trois journalistes dans le bureau du procureur le même jour, on ne voyait pas ça sous Ben Ali !" dénonce cette journaliste du quotidien La Presse.

Dans les journaux tunisiens, le ton est partout le même : "La bataille de la liberté d'expression fait rage" titre Le Quotidien. "On peut étouffer les libertés mais on entendra le tocsin de la révolte" clame La Presse. Quant au site d'information Webdo, il a choisi ce titre pour le moins pessimiste : "La Tunisie, nouveau cimetière de la liberté de la presse" .

Reporters sans Frontières n'est pas loin de ce constat : "C'est très grave ce qui se passe aujourd'hui en Tunisie" estime Christophe Deloire, le secrétaire général. "La Tunisie est aujorud'hui 138ème dans le classement de RSF, sur 170. Et elle ne va pas dans le bon sens."

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