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3 mars 1918 : La "paix honteuse" de la Russie avec l'Allemagne

Les victoires éphémères précédant la bataille de Tannenberg sont bien loin pour la Russie de 1917. Son armée souffre, sa population aussi et la Révolution de 1917 n'améliore pas la conduite de la guerre. En octobre, les bolcheviks prennent le pouvoir et envisagent un traité de paix. l'armistice est signé le 15 décembre.

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Grégoire LecalotRadio France

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Alors que le nouveau pouvoir russe est occupé par la guerre civile avec
les "Russes blancs", partisans du Tsar, il signe avec l'Allemagne, non
sans arrière-pensées, ce que Lénine appellera une "paix honteuse".

C'est la Russie elle-même qui propose, début novembre 1917, une paix générale, par la voix de son commissaire du peuple aux Affaires étrangères, Léon Trotsky. Les bolchéviks, arrivés au pouvoir en octobre après des mois de chaos, ont d'autres priorités qu'une guerre étrangère proche de tourner au désastre. Il n'aura pas d'autre réponse que celle de l'Allemagne, qui se verrait bien transférer ses divisions de l'est vers le front de l'ouest, pour faire enfin pencher la balance de son côté.

Un armistice est signé le 15 décembre , prélude, espère Lénine, à une paix "sans annexion". Des négociations s'ouvrent le 22, excluant les alliés occidentaux de Moscou. Rapidement, Trostky en prend la direction pour le côté russe, persuadé que la Révolution balaiera aussi sous peu le Kaiser à Berlin. Une révolution qui se fait attendre.

Mais il négocie pied à pied sur les territoires . Devant les lenteurs et les atermoiements, Berlin s'impatiente. Les demandes du Reich allemand sont sans cesse plus lourdes et les discussions finissent par se rompre. Pas de paix, c'est la guerre. Et l'Allemagne reprend sont offensive en février. L'Ukraine et les pays baltes. Et signe des traités de paix séparés.

Lénine plaide alors pour accepter une "paix honteuse " , qui permet de sauver la révolution au prix de lourdes cessions territoriales. Il voit se lever les partisans du tsar, les "Russes blancs" et estime ne pas pouvoir mener deux guerres à la fois. La Russie perdra donc 800.000 km2. L'Allemagne peut enfin jeter ses divisions de l'est sur le front français. Beaucoup à Moscou font le pari qu'elle perdra quand même la guerre et que la Russie retrouvera les territoires perdus. Mais c'est avec des semelles de plomb que les envoyés russes partent pour Brest-Litovsk, où la paix définitive doit être signée.

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