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A Belfast, l'Irlande du Nord commémore le 20e anniversaire des accords de paix entre catholiques et protestants

Belfast célèbre mardi le vingtième anniversaire des accords de paix, conclus le 10 avril 1998, après trois décennies de conflit.

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Une petite fille dans un quartier catholique de Belfast (Irlande du Nord), le 29 juin 1974, au milieu des combats.
Une petite fille dans un quartier catholique de Belfast (Irlande du Nord), le 29 juin 1974, au milieu des combats. (- / AFP)

Belfast célèbre mardi 10 avril le vingtième anniversaire des accords de paix de 1998. Les partis politiques nord-irlandais représentant les protestants, en majorité favorables au maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume Uni et les élus catholiques - pour l’unification de l’Irlande - acceptaient alors de mettre de côté leurs différends pour partager le pouvoir au sein d’un gouvernement régional.

Vingt ans plus tard, une nouvelle génération est à la tête des deux grands partis politiques des deux camps, qui ne parviennent plus à s’entendre. L’Irlande du Nord a changé depuis les accords de paix.

Circuits touristiques

Les quartiers populaires de l’ouest et du nord de Belfast portent encore les marques de trois décennies d’attentats et d’émeutes. Mais désormais ils accueillent chaque jour des touristes, des curieux, qui participent à des circuits dans d'anciens quartiers chauds de la ville, organisés par d’anciens détenus, de l’IRA côté catholique, ou des groupes armés protestants.

La vie a changé, le conflit existe encore mais il sort désormais rarement de l’arène politique. En revanche, si depuis 20 ans, l’Irlande du Nord connait la paix, elle n’a pas beaucoup avancé, de façon visible, sur la voie de la réconciliation. En fait, elle n’a pas même gagné une véritable stabilité politique.

Le gouvernement d’Irlande du Nord, né des accords de paix, où les élus catholiques et protestants sont supposés partager le pouvoir s’est effondré il y a plus d’un an, faute de confiance et de compromis entre ceux qui tiennent aujourd’hui les rênes du pouvoir dans les deux camps, les Démocrates Unionistes d’un côté, Sinn Féin de l’autre. C’est une nouvelle génération de dirigeants qui mène la danse, et un constat d’échec pour eux, pour l’instant.

Le Brexit n'arrange pas les choses à Belfast 

La seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l’Union européenne traverse l’Irlande. Certains élus affirment qu’un retour à une frontière physique, avec des postes de contrôles, pourrait remettre en cause l’accord de paix. La quasi-totalité des signataires des accords de paix, plusieurs anciens Premiers ministres britanniques et irlandais, ainsi que l’ancien président américain Bill Clinton ont lancé des avertissements.

56% des Nord-Irlandais ont voté pour rester dans l’UE. L’ancien signataire des accords pour le gouvernement irlandais, Bertie Ahern, parle d’un désastre à venir. Il assure que non seulement la relation anglo-irlandaise qui était au beau fixe est compromise, mais surtout que le Brexit ramène sur le devant de la scène les vieilles querelles d’identité : Britanniques, Irlandais, des questions résolues par l’accord de paix.

Même certains dirigeants unionistes, pro-britanniques, admettent que Brexit ramène la douloureuse question de l’unification de l’Irlande sur le devant de la scène politique. Aussi, lorsqu’elle négocie sa sortie de l’Union européenne, Theresa May ferait bien de tourner son regard vers l’Irlande du Nord.

Une petite fille dans un quartier catholique de Belfast (Irlande du Nord), le 29 juin 1974, au milieu des combats.
Une petite fille dans un quartier catholique de Belfast (Irlande du Nord), le 29 juin 1974, au milieu des combats. (- / AFP)