Cet article date de plus d'un an.

Emploi : près d'un chômeur sur deux a vu sa santé se dégrader depuis qu'il a perdu son emploi

écouter (3min)

Selon une étude menée par quatre associations qui aident les personnes au chômage et publiée mardi, 40% des chômeurs disent avoir vu leur santé se dégrader après la perte de leur emploi.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Le logo d'une agence Pôle emploi de Paris, le 29 janvier 2021. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Selon une étude publiée mardi 14 décembre, le chômage peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Cette étude, réalisée par quatre associations actives dans le soutien aux chercheurs d'emploi (Solidarités nouvelles face au chômage, La Cravate solidaire, Force femmes et Territoire zéro chômeurs de longue durée), estime que près d'un chômeur sur deux (40%) a vu sa santé se dégrader depuis la perte de son emploi. 

Dépression, sommeil ou encore addictions font partie des pathologies citées. Il s'agit souvent, disent-ils, de maladies déjà présentes et se qui sont aggravées. Plus le chômage se prolonge et plus la santé est affectée, ce qui rend plus difficile le retour à l'emploi. 

Isolement, dépression, conduites addictives

Le chômage a aussi des conséquences sur l'isolement et la confiance en soi. Parmi les personnes qui ont dit que le chômage avait des impacts négatifs sur leur santé, 69% affirment que la perte d'emploi avait provoqué une dégradation de l'image qu'elles avaient d'elles-mêmes. Par ailleurs, 55% disent que, depuis qu'elles sont au chômage, elles se sentent particulièrement isolées et 56% qu'elles ont moins envie de prendre soin d'elles.

Le chômage favorise également la dépression, l'anxiété et l'angoisse. Avant d'être au chômage, moins de 20% des répondants se sentaient déprimés. Depuis qu'ils ont perdu leur emploi, ce taux se porte à plus de 40%. Or, l'état dépressif favorise les addictions. Ainsi, 20% des personnes interrogées expliquent que, depuis qu'elles sont au chômage, elles ont développé des habitudes nocives telles que la prise d'alcool ou de tabac. Par ailleurs, une bonne partie des répondants ont renoncé à des soins, notamment à aller voir un spécialiste ou à subir des examens médicaux.

Les associations demandent une visite médicale périodique

Les associations qui ont mené cette enquête font des propositions. Elles évoquent notamment un accès gratuit et régulier à un service d'aide psychologique : au moment de la rupture du contrat de travail, au bout d'un an de chômage, puis après deux ans sans emploi. Les quatre associations demandent aussi d'instaurer une visite médicale périodique tout au long du parcours de recherche d'emploi et des mesures de dépistage gratuites, afin de prévenir et de traiter les éventuelles conduites addictives et les risques de maladie physiologiques et psychiques.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.