Coups de soleil loin de la plage : attention aux traitements photosensibilisants

Une douleur au genou, un peu de gel anti-inflammatoire pour aller faire une balade sans trop souffrir, et une sorte de coup de soleil très localisé ? C'est un des grands classiques méconnus de l'effet photosensibilisant d'un grand nombre de traitements.
Article rédigé par franceinfo - Géraldine Zamansky
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Attention aux effets photosensibilisants de certains médicaments, si vous marchez au soleil. (Illustration) (SALLY ANSCOMBE / STONE RF / GETTY IMAGES)

Le ciel est repassé au grand bleu, et attention si vous avez commencé un traitement pendant les orages, ou si vous venez de prendre un gel anti-inflammatoire à la pharmacie. Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5, nous parle aujourd’hui d’un effet secondaire peu connu, de certains médicaments qui rendent la peau beaucoup plus fragile face au soleil.

franceinfo : Il faut bien regarder la notice de ces médicaments ?

Géraldine Zamansky : Exactement. Parfois, l’alerte est présente sur la boîte, avec un petit dessin de soleil derrière un nuage, dans un triangle rouge. Mais ce pictogramme n’a pas encore été adopté par tous les fabricants, alors il vaut toujours mieux vérifier sur la notice. Et l’exemple d’un gel anti-inflammatoire est très bien choisi. Vous lirez alors qu’en cas d’exposition au soleil, il peut entraîner, je cite, "des réactions cutanées, potentiellement graves, dites de photosensibilisation".

Les effets vont d’une sorte de coup de soleil, à de véritables brûlures exigeant une hospitalisation. Et parfois même, sous un ciel voilé. Car il suffit d’un peu de rayons UV pour rendre certaines substances, contenues dans ce gel, toxiques pour la peau : elle ne réagit plus normalement face au soleil.

Se retrouver avec une brûlure pour avoir moins mal au genou ou à la cheville, c’est fréquent ?

C’est un des effets indésirables les plus signalés, selon le Pr Mathieu Molimard, chef du service de pharmacovigilance au CHU de Bordeaux. Car les personnes touchées font le lien facilement : "C’est là où j’ai mis la crème". Mais ce type de problème peut aussi survenir avec certains antibiotiques, des traitements contre l’acné, ou des pilules contraceptives. Même pris en comprimés, ils se diffusent par la circulation sanguine jusqu’à la peau.

Alors, soit on voit assez vite une réaction locale immédiate, entre le soleil et les molécules de ces médicaments, un peu comme pour le gel, et l’effet est limité aux zones touchées par les UV, et sur les photos : on voit précisément la forme d’un tee-shirt par exemple. Soit une allergie plus générale est déclenchée, parfois plusieurs heures plus tard, avec une atteinte sur tout le corps. Dans ces cas-là, le Pr Molimard explique que le lien avec le soleil et le traitement était plus difficile à faire.

Mais de toute façon, si l’on a vraiment besoin de son traitement antibiotique par exemple, la seule solution, c’est de se mettre à l’ombre ?

Exactement. Et si l’on reprend la notice du gel par exemple, c’est très clair. Il faut même toujours couvrir la zone de peau concernée par un vêtement, pendant le traitement, et les deux semaines qui suivent. Le temps que tous les composés présents, soient bien éliminés. Pour protéger le visage, prenez un chapeau associé à un écran total, qui servira aussi pour les mains.

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