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Inondations dans l'Aude : David Cormand dénonce la baisse des "moyens pour nos services publics de prévention et d'analyse des risques"

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David Cormand, secrétaire général d'Europe écologie les verts, était l'invité du 19h20 politique sur franceinfo lundi soir.

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Radio France
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David Cormand, secrétaire national d'EELV, invité de franceinfo le 4 septembre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

"Nous sommes confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes auxquels nous n'étions pas habitués", a réagi lundi 15 octobre sur franceinfo David Cormand, le secrétaire national d’EELV, après les inondations qui ont touché plusieurs communes de l'Aude dans la nuit de dimanche à lundi. Il met en cause l'urbanisation des paysages qui ont été "parfois défigurés avec l'imperméabilisation des sols". Il dénonce la baisse des "moyens pour nos services publics de prévention et d'analyse des risques" et des espaces naturels ou agricoles qui sont "grignotés" par la prédation des promoteurs. Pour lui, il y a "urgence" à "redonner des moyens pour les moyens de prévention".

franceinfo : Est-ce que face à ces phénomènes, il faut revoir les systèmes de vigilance ?

David Cormand : Nous sommes confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes auxquels nous n'étions pas habitués dans les décennies qui viennent de s'écouler. Les seuils d'évaluation de ces risques sont difficiles à évaluer dans l'absolu. Nos territoires sont de plus en plus urbanisés avec des paysages qui ont beaucoup évolué, qui ont été parfois défigurés avec l'imperméabilisation des sols. Face à des phénomènes météorologiques qu'on a du mal à analyser parce qu'ils sont nouveaux, on a aussi du mal à voir l'effet qu'ils ont sur nos territoires parce qu'on les a beaucoup modifiés. On est au croisement de toutes les problématiques qu'on peut avoir : moins de moyens pour nos services publics de prévention et d'analyse des risques, d'aménagement du territoire et phénomènes météorologiques extrêmes.

Les précautions ne sont pas prises catastrophe après catastrophe ?

Les constats sont partagés, mais quand il s'agit de prendre les décisions pour que cela n'arrive plus, il y a un problème. Et le problème, il est simplement politique. La loi ELAN, sur le logement, a été discutée à l'Assemblée nationale et au Sénat, avec une modification de ce qu'on appelle la loi Littoral. Elle existe depuis 1986 et n'a quasiment jamais été changée pour préserver ces espaces particulièrement sensibles au changement climatique. Les territoires sont soumis à une prédation d'urbanisme. Ils sont particulièrement fragiles et peuvent se transformer en poule aux œufs d'or. Ce sont des espaces naturels ou agricoles qui valent relativement peu à l'hectare. Si on décide de les rendre constructibles, ils valent des millions d'euros. Petit à petit, notre territoire est grignoté par la prédation des promoteurs.

Quelles sont les précautions les plus urgentes à prendre ?

À court terme, il faut redonner des moyens pour les moyens de prévention. Avant, l'organisation du territoire était un service de l'Etat déconcentré. On a donné cela aux collectivités locales avec moins de moyens pour le faire. Tous ces services de l'Etat qui permettaient d'analyser les dangers potentiels ont été petit à petit supprimés. Il y a une urgence. On a besoin de moyens avec des professionnels, garants de l'intérêt collectif, qui vérifie qu'il n'y pas de risque avant de donner un permis de construire.

Il y a les moyens de secours. Et il y a des actions de long terme. Il y a tout un tas de milliers d'hectares qui doivent rester en espace naturel. Il y a une action à faire sur l'agriculture pour qu'on ait une logique agricole. Il y a des choses toutes bêtes, par exemple faire les sillons non pas dans le sens de la pente mais perpendiculaires à la pente pour que l'eau s'écoule moins rapidement. Et il y a l'imperméabilisation des sols qu'il faut stopper d'urgence.

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