VIDEO. Légions d’honneur : quels chefs d’Etat étrangers (pafois peu recommandables) l’ont reçue ?

Jacques Chirac remet la légion d’honneur à Bachar El Assad en 2001.17 ans plus tard, Emmanuel Macron va lui retirer cette décoration. Mais qui sont les dirigeants étrangers, parfois peu recommandables, décorés avec les honneurs de la France ? Voici l’histoire d’une médaille et de son revers.

Voir la vidéo

Dans l’album souvenirs des légions d’honneur attribuées par l’Elysée, il y a notamment ces trois dictateurs : l’italien Benito Mussolini, le général espagnol Franco, et le roumain Nicolae Ceausescu. Tous sont décorés par la France.

Plus récemment, l’ex-président tunisien Ben Ali qui a passé 24 ans au pouvoir. Il a été chassé par le Printemps arabe. François Mitterrand le fait Grand-Croix de la légion d’honneur, en 1989. Après le père, Omar Bongo, le fils Ali Bongo, 9 ans à la tête du Gabon à la suite d'une élection contestée... Nicolas Sarkozy lui remet la légion d’honneur en 2010.

Des distinctions remises très discrètement à l’Elysée, mais parfois révélées par la presse étrangère. Vladimir Poutine est décoré par Jacques Chirac en 2006, la télévision russe le dévoile. En France, Reporter sans frontières y voit “une insulte faite à tous ceux qui, en Russie, luttent pour la liberté de la presse et la démocratie dans leurs pays”.

Qui décide d’attribuer ces médailles ? Selon le code de la Grande Chancellerie, le président et lui seul choisit les “chefs d’Etat”, “leurs collaborateurs” et “les membres du corps diplomatique” qu’il veut distinguer.

Bonnes grâces

Mais dans quel but ? Beatrice Wattel a enquêté sur les légions d’honneur remises depuis 1805, elle nous explique : "C’est vraiment une nécessité diplomatique, c’est des ouvertures, c’est des stratégies politiques, qui font qu’on s’ouvre les bonnes grâces des personnes en question."

Vu de l’étranger, la légion d’honneur est très prisée. Nous avons joint un ambassadeur français qui nous raconte.

Je passe mon temps à décorer ! Pour les étrangers, la Légion d’honneur, c’est prestigieux ! C’est un vrai instrument d’influence. Ça fait partie du protocole avec la plupart des pays, à chaque visite d’État en France.

Un ambassadeur

Jusqu’à présent un seul chef d’Etat s’est vu retirer sa Légion d’honneur : le président du Panama Manuel Norriega. Y en aura-t-il d’autre?