Un rapport sur le gaz de schiste commandé par Montebourg enterré par Hollande

Il conclut à la faisabilité d'exploiter cette ressource sans recourir à la fracturation hydraulique, controversée. 

Manifestation contre le traité de libre-échange transatlantique qui libéraliserait l\'exploitation de gaz de schiste, selon ses détracteurs, le 11 octobre 2014 à Paris. 
Manifestation contre le traité de libre-échange transatlantique qui libéraliserait l'exploitation de gaz de schiste, selon ses détracteurs, le 11 octobre 2014 à Paris.  (MICHAEL BUNEL / AFP)

Ce rapport a fini par faire parler de lui. Portant sur le gaz de schiste en France et commandé par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, il conclut à la faisabilité de son exploitation sans recourir à la fracturation hydraulique polluante. Mais il a été enterré par le gouvernement, révèle Le Figaro, mardi 7 avril.

Ce document n'a été tiré qu'en sept exemplaires, selon le quotidien. Il "a été commandé par Arnaud Montebourg peu après son installation comme ministre du Redressement productif mi-2012, achevé de rédiger début 2014 et consciencieusement enterré. Au grand dam de l'ex-ministre, qui refuse aujourd'hui de le commenter, mais confirme son authenticité", poursuit le journal.

Une manne pour l'emploi

Outre la conclusion de faisabilité d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique, méthode "controversée, en tout cas interdite en France depuis la loi Jacob de 2011, il souligne, en détail, combien la France pourrait en tirer parti, en termes de croissance, d'emplois, de compétitivité industrielle, d'indépendance énergétique", explique Le Figaro.

Ainsi, selon le rapport, les gaz de schiste représenteraient "une manne d'au moins 100 milliards d'euros pour la France", et leur exploitation "créerait entre 120 000 et 225 000 emplois".

"Veto absolu opposé par les Verts"

Ce document, détaille encore le quotidien, "préconise une première phase d'expérimentation, par micro-forages en Ile-de-France et dans le Sud-Est". "C'était le premier rapport officiel qui validait la technologie de stimulation au fluoropropane", explique un proche du dossier au journal. Cette technologie "présente une réelle alternative permettant de répondre aux problèmes environnementaux posés par la fracturation hydraulique", affirme le rapport.

Pour le quotidien, "la gestion politique du dossier, paralysée par le veto absolu opposé par les Verts et le ministère de l'Écologie, comme la prudence de l'Élysée et de Matignon, a tout simplement enterré" le rapport. François Hollande avait assuré, en juillet 2013, qu'il n'y aurait ni exploration, ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence.