Sondage : 80% des Français jugent la France "trop" dépendante du nucléaire

80% des Français jugent la France "trop" dépendante du nucléaire et 54% des personnes interrogées estiment qu'il est "possible de se passer du nucléaire". C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour Greenpeace.

Centrale nucléaire (archives)
Centrale nucléaire (archives) (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

80% des Français jugent la France "trop" dépendante du nucléaire et 54% des personnes interrogées estiment qu'il est "possible de se passer du nucléaire". C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour Greenpeace.

Eva Joly, François Hollande ou Jan-Luc Mélenchon peuvent se réjouir du sondage réalisé par CSA pour l'organisation écologiste Greenpeace. Les chiffres traduisent en effet une grande méfiance des Français à l'égard du nucléaire.

Les Français interrogés estiment en effet à 80 % que "La France est trop dépendante de l'énergie nucléaire et devrait diversifier ses sources d'énergie" contre 18% qui ne sont pas d'accord avec cette affirmation.

Ils estiment aussi majoritairement (54%) qu'il est 'possible de se passer du nucléaire en France en développant les énergies renouvelables et en favorisant les économies d'énergie".

"La ligne dure de Nicolas Sarkozy"

Les Français sondés par le CSA estiment à 67% qu'un accident nucléaire "aussi grave" qu'au Japon est possible et pensent à 84% "que les citoyens ne sont pas suffisamment consultés" sur 'l'énergie et le choix du nucléaire en France".

"Malgré des clivages apparents entre les sympathisants de droite et de gauche, la ligne dure de Nicolas Sarkozy ne crée pas l'adhésion. Il aura beau attiser les peurs, utiliser des chiffres les plus fantaisistes sur l'emploi ou le prix de l'électricité, la majorité des Français savent que rien de nous oblige à rester enfermés dans le nucléaire ad vitam aeternam", affirme Karine Gavand, chargée des questions politiques pour Greenpeace France.

Ces chiffres note Greenpeace donneraient raison à François Hollande, qui s'engage à réduire de 25 % la part du nucléaire d'ici à 2025, "s'il était sincère", note Greenpeace. "Malheureusement, comment ne pas douter de la sincérité du candidat socialiste ? Seule une fermeture de centrale est à l'agenda de son éventuel quinquennat et dans le même temps il compte mettre en service l'EPR de Flamanville. L'équation ne tient pas ! Fessenheim ne doit pas être ce qu'a été l'arrêt du projet de centrale de Plogoff pour François Mitterrand dans les années 80 : un os à ronger pour les écolos en échange de la poursuite du programme nucléaire français", déclare Karine Gavand.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, partisan d'une "planification écologique", il voit sa proposition de référendum sur l'énergie confortée par la demande des Français à être consultés sur ces questions.