Manifestation interdite à Paris : une première depuis 1958 ?

Interdire une manifestation, "une première depuis le début de la Ve République !", a réagi le porte-parole du Parti de gauche, Eric Coquerel, ce mercredi matin sur France Info. Vrai ou faux ?

(8 février 1962. Une manifestation contre l'OAS est interdite. La police charge, les manifestants se réfugient métro Charonne. 9 d'entre eux meurent dans les accès de la station, restés fermés. © Dalmas/SIPA)

Le porte-parole du Parti de gauche, Eric Coquerel, a vivement réagi à l'interdiction par la préfecture de police de Paris de la manifestation prévue jeudi contre la loi Travail. "C'est une première depuis le début de la Ve République !", a-t-il déclaré ce mercredi sur France Info. Vrai ou faux ?

L'interdiction de manifester est une décision rare, mais on trouve d'autres exemples récents. En fin d'année dernière, la Marche pour le climat, prévu en marge de la COP21, est interdite au nom de l'Etat d'urgence. On peut également citer l'interdiction d'une manifestation pro-palestinienne prévue à Paris en juillet 2014.

Mais pour retrouver une interdiction de manifestation organisée par des organisations politiques ou syndicales, il faut remonter beaucoup plus loin. Le 8 février 1962, la CGT, la CFTC et quatre autres syndicats appellent à manifester contre l'OAS, place de la Bastille. Un rassemblement interdit au nom de l'Etat d'urgence alors en cours, en raison de la guerre d'Algérie. Cela n'empêche pas quelques milliers de personnes de se rassembler. Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, donne l'ordre de réprimer le cortège. Les manifestants tentent de se réfugier dans la station de métro Charonne, mais ses accès sont fermés. On compte neuf morts parmi les manifestants.

En fait, pour parler de "première interdiction de manifestation depuis le début de la Ve République", il faut préciser qu'il s'agit d'un appel à manifester par des syndicats... pour s'opposer à une loi sociale.