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Le projet du PS : 255 milliards selon la calculette de l'UMP

La convention de l'UMP mardi soir à Paris a permis de mettre en scène un compteur additionnant pendant deux heures les milliards de dépenses supposés du projet PS. Et de rôder des arguments de campagne.
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France Télévisions
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La convention de l'UMP sur le projet PS (18/10/2011) (AFP)

La convention de l'UMP mardi soir à Paris a permis de mettre en scène un compteur additionnant pendant deux heures les milliards de dépenses supposés du projet PS. Et de rôder des arguments de campagne.

Il flotte comme "une odeur de 10 mai 1981", a estimé Jean-François Copé en ouvrant cette convention au pavillon Gabriel. Une façon d'anticiper la défaite de la droite après dix-sept ans de présidences chiraquiennes, puis sarkozyste ? Ou une manière d'agiter le spectre d'une gauche radieuse et réformatrice avant de prendre le tournant de la rigueur comme en 83 ?

Rangeons-nous à cette seconde hypothèse puisqu'à l'aide d'un compteur où les milliards s'ajoutaient aux milliards, il fut martelé toute la soirée que l'arrivée de la gauche ruinerait la France et lui ferait probablement perdre son triple A (si elle ne l'a pas perdu d'ici là).

Résumons : de la création de 60.000 postes d'enseignants sur cinq ans (7,5 milliards d'euros) à la construction des logements sociaux (7 milliards), l'addition du menu socialiste calculé par l'UMP se monte à "255 milliards d'euros et 126 milliards d'euros d'augmentation d'impôts".

"Vendre du rêve, c'est très déplacé"
François Fillon (d'ailleurs absent à cette réunion où une vingtaine de ministres étaient présents) avait donné le ton lundi soir sur France 2, l'UMP a repris en choeur le refrain mardi.

Citons encore le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé: "ce que vend le candidat socialiste c'est de l'utopie. Le rôle n'est pas de vendre du rêve...mais d'éclairer le chemin....Vendre du rêve, c'est très déplacé alors que nous traversons une crise très grave".

Voir le reportage de Guillaume Daret sur France 2 le 18 octobre 2011

Voir la video

Une crise grave...mais moins qu'ailleurs
Crise très grave, mais, selon l'UMP, moins grave qu'ailleurs en Europe : grâce au gouvernement, "en France ni les pensions ni les minima sociaux n'ont été entamés". Pas comme en Grèce ou en Espagne....dirigées par des gouvernements socialistes. Conclusion ? Pas d'alternative : "le prochain quinquennat quel qu'il soit sera celui de la vertu budgétaire".

La différence entre gauche et droite, alors ?  Pour le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, en charge du projet UMP, la première représente une France "qui se recroqueville" et remplace par des "revenus d'assistance creusant les déficits" les emplois qui manquent, la seconde veut une France qui "doit rester une terre de production" et  gagner en "compétitivité" .

"Qui a dit François Hollande, son point faible, c'est l'inaction ?"
Paradoxalement, si le projet socialiste a été étrillé, il n'y a guère eu d'attaques contre le candidat François Hollande,  hormis, encore et toujours, son manque d'expérience gouvernementale et quelques affichettes citant des critiques ...d'autres socialistes: "Qui a dit François Hollande, son point faible, c'est l'inaction ? Ségolène Royal".

Si le pavillon Gabriel, espace de réception à deux pas de l'Elysée, faisait salle comble en début de convention-les journalistes étaient d'ailleurs venus en nombre, il a commencé à se vider avant que le compteur n'affiche, au bout de deux heures, la somme fatidique des 255 milliards.

Sur twitter, le PS réplique par #umpanique
Mais à compteur, compteur et demi...Le PS avait décidé de répondre en ligne à la réplique de l'UMP, en créant sur twitter le hashtag (catégorie) Et sur le site de microblogging, il assénait l'argument censé clore le bec à l'adversaire :" l'UMP n'hésite pas à mentir sur le chiffrage du Projet du PS  pour 2012" ""alors qu'avec Sarkozy, la dette publique a augmenté de 471 milliards depuis 2007". Qui dit mieux ?

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