Cet article date de plus de huit ans.

Le choix de Bernard Arnault est le résultat de "décisions stupides" (François Fillon)

Alors que le patron français de l'empire du luxe LVMH, Bernard Arnault, a démenti samedi son exil fiscal en Belgique, sa démarche de naturalisation fait grincer les dents de la classe politique. Avec le projet de la taxe à 75%, la gauche serait responsable de la fuite des patrons français à l'étranger, affirme l'UMP. Réactions.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
 (G DROLLET Maxppp)

Le patron le plus riche de France va-t-il devenir le patron de le plus riche de Belgique? Si Bernard Arnault dément son exil fiscal, sa démarche de naturalisation n'est pas sans inquiéter la classe politique. C'est aussi l'occasion pour l'UMP de critiquer le projet emblématique de François Hollande sur la taxe à 75% des revenus au dessus d'un million d'euros par an.

"C'est un énorme sentiment de gâchis " déclare Laurent Wauquiez au micro de France Info, "Mais c'est énorme gâchis, c'est tout ce qu'est en train de faire le parti socialiste.[...] Le résultat
à l'arrivée, c'est que tous ceux qui consomment, et qui créent de l'emploi vont partir en dehors de notre pays
".

"On pousse les riches dans les bras de la Belgique et à l'arrivée
on aura rien gagné
", a conclu l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

Pour François Fillon c'est le résultat de "décisions stupides " qui poussent à faire fuir le symbole de la "réussite française " en parlant du groupe LVMH. "Cela va se répandre comme une traînée de poudre et dans toute la
planète on dira : 'la France est un pays qui n'aime pas la réussite et
qui n'aime pas ceux qui innovent'
", affirme l'ancien Premier ministre.

"Si cette affaire pouvait conduire le gouvernement à réfléchir
avant de mettre en œuvre des décisions aussi idéologiques, aussi démagogiques et
aussi inefficaces, cela serait évidemment très positif."

Un sentiment de trahison pour la gauche

Le PCF a dénoncé une "lâche trahison " de Bernard Arnault et a appelé samedi à "mettre hors d'état de nuire les dirigeants
irresponsables et cupides
".

Harlem Désir, l'un des prétendants au poste de premier secrétaire général du Parti Socialiste, à quant à lui fait un clin d'œil à la fameuse phrase de Nicolas Sarkozy, "La France tu l'aimes ou tu la quittes " en tweetant sur son compte :

Benoit Hamon, ministre délégué à l'Economie solidaire a estimé dimanche "pas très patriote"   la demande de nationalité belge par Bernard Arnault. 

Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT: 

"C'est immoral par rapport à la situation des salariés
dont il a la responsabilité et sur lesquels il s'enrichit
",

"Moi, je pense aux salariés, par exemple aux
Carrefour
", un des groupes dans lequel Bernard Arnault  "a pris une participation
intéressante financièrement
", poursuit le responsable de la CFDT sur France 3. Toutefois "qu'est-ce qui se passe à Carrefour ? On supprime des emplois ". François Chérèque demande alors aux personnes "de faire le parallèle entre cet homme qui veut échapper
au fisc et les salariés de Carrefour qui perdent leur emploi
".

Le porte-parole du PS, David Assouline a quant à lui accusé dimanche l'UMP de vouloir "instrumentaliser " la démarche de naturalisation de Bernard Arnault, ne portant même pas attention aux "raisons et démenti " du patron de LVMH. "Pour dire quoi ? Pour dire on les comprend ceux qui
feraient ça [...] C'est un encouragement
", a-t-il
estimé.

Un "très mauvais exemple " pour Marine Le Pen

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a indiqué lors d'un déplacement dimanche à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) qu'elle était "très choquée que l'on puisse tenter d'obtenir une nationalité uniquement
pour défendre des intérêts financiers". 

"Comment va-t-on expliquer aux immigrés qui
viennent en France et qui cherchent à avoir la nationalité française uniquement
pour des raisons pécuniaires que c'est un comportement scandaleux, si la quatrième
fortune mondiale fait exactement la même chose"
poursuit t-elle. 

Pour la présidente du Front national, " *C'est un très mauvais exemple " et  "C'est d'autant plus condamnable [...] que l'Etat français
l'a beaucoup aidé en lui ouvrant tout une série de marchés à l'étranger, je
vois qu'il n'est pas bien reconnaissant* " a t-elle ajouté. 

 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Politique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.