La Miviludes qui lutte contre les sectes sera rattachée au ministère de l’Intérieur à partir du 1er janvier 2020

L'instance de lutte contre les dérives sectaires va disparaître sous sa forme actuelle,  ses fonctionnaires seront rattachés au ministère de l'Intérieur.

L\'entrée du ministère de l\'Intérieur, Place Beauvau à Paris, le 13 février 2018.
L'entrée du ministère de l'Intérieur, Place Beauvau à Paris, le 13 février 2018. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui lutte contre les sectes sera désormais rattachée à l’unique ministère de l’Intérieur à partir du 1er janvier 2020, révèle France Inter mardi 1er octobre. Cette mission créée en 2002 n’existera plus sous sa forme actuelle. L'information a été confirmée par une porte-parole du ministère de l'Intérieur, sans plus de précision.

Interrogé par France Inter, Georges Fenech, qui a présidé la mission de 2008 à 2012, estime que "c’est une catastrophe". Le gouvernement a hésité entre deux services au sein du ministère de l’Intérieur, selon les informations de France Inter : soit le bureau chargé des cultes, soit le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation. C’est finalement à ce dernier, que la Miviludes sera rattachée. Georges Fenech regrette cette décision. Il estime que la lutte contre les sectes relèvent de plusieurs ministères.

Certes les sectes se retrouvent dans le monde religieux, mais aussi dans la santé, l’éducation, la culture ou le monde sportif.Georges Fenech France Inter

Les acteurs du monde associatif contacté par France Inter craignent de ne plus pouvoir accompagner les victimes comme il se doit. La Miviludes avait pour rôle de mener "une action d’observation et d’analyse du phénomène sectaire", de coordonner "l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires" et de contribuer "à la formation et à l’information de ses agents", ainsi que d'informer "le public sur les risques voire les dangers auxquels il est exposé", indique le site de la mission interministérielle.

Elle publiait des rapports annuels sur les risques sectaires, comme la scientologie ou encore les mineurs cibles des sectes. La Miviludes avait notamment révélé la commercialisation des patchs censés soigner la maladie d’Alzheimer, vendus 1 500 euros le patch. Depuis octobre 2018, le dernier président de la Miviludes, Serge Blisko, est parti à la retraite et n’a pas été remplacé.