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La fronde de la région Nord-Pas-de-Calais contre les nouveaux tarifs TGV

Le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais a adopté vendredi soir une délibération pour autoriser le président de région à lancer une action en justice contre la SNCF. Il s'agit de réclamer l'annulation des nouveaux tarifs TGV Paris-Lille jugés trop élevés.
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Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Charles Platiau Reuters)

Des nouveaux tarifs jugés prohibitifs sur la ligne TGV
Paris-Lille. Le président de la région Nord-Pas-de-Calais, le socialiste Daniel
Percheron, va saisir la justice pour demander l'annulation de cette nouvelle
grille tarifaire. Le conseil régional a adopté une délibération vendredi soir
l'autorisant à le faire.

Selon les calculs
effectués par la région, un aller simple Paris-Lille revient à 19 centimes du
kilomètre en période normale tandis qu'un Paris-Marseille coûte 12 centimes du
kilomètre. Inadmissible pour le président de région. "Nous demandons
simplement à être traité comme les autres régions de France en ce qui concerne
le TGV"
, a expliqué Daniel Percheron.

"Un véritable hold-up"

Selon lui, ce sont "sur les 20 dernières années, 250 millions d'euros de pouvoir d'achat qui ont été retirés
aux habitants de la région"
. L'ensemble des groupes politiques, y compris le
Front National, soutiennent la démarche. Pour Marine Le Pen, "ces
décisions prises par la SNCF sont un véritable hold-up".

Rien d'anormal
explique pourtant la SNCF. Ce tarif n'est pas "spécifique au
Paris-Lille"
mais "comparable à ce qui est pratiqué sur les relations
Paris-Tours ou Paris-Le Mans"
, sur des distances relativement similaires.

"Cela
tient au principe de dégressivité kilométrique, à savoir qu'il y a des coûts
fixes qui s'amortissent mieux sur une longue distance",
a précisé Jérôme
Leborgne, directeur de l'axe TGV Nord, comparant le cas du TGV à celui des
longs et moyens courriers.

Le mécontentement gagne de nombreuses régions

La région
Nord-Pas-de-Calais n'est pas la seule à faire valoir son mécontentement. De
nombreuses autres ont également des griefs contre la SNCF. D'autant que les
transports représentent une part importante du budget des régions. La Lorraine,
par exemple, s'interroge sur les 160 millions qu'elle verse chaque année pour
la gestion de ses TER. Elle vient de lancer un appel d'offre pour mener un
audit.

Sur la question des
tarifs, la SNCF va fournir d'ici le mois de juin un certain nombre
d'informations aux collectivités. Ces tarifs devraient être plus lisibles pour
les usages des TER. Pour les TGV, le mode de calcul reste toujours compliqué
avec un mélange de coût au kilomètre, d'offre et de demande. Ce qui explique, notamment,
que les prix varient de 30% parfois suivant les horaires. 

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