VIDEO. "Il est resté très sourd à l'urgence climatique" : quatre associations écologiques se disent "déçues" des annonces d'Emmanuel Macron

Franceinfo a interrogé Greenpeace, WWF, Alternatiba et le Réseau action climat au lendemain de la conférence de presse du président. 

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"Ce n'était pas un plan de bataille. On devrait être en guerre contre le dérèglement climatique." Le verdict est sans appel. Vendredi 26 avril, au lendemain de la conférence de presse d'Emmanuel Macron, quatre associations écologiques reviennent, auprès de franceinfo, sur les annonces du président. Si elles attendaient beaucoup de ce moment, notamment sur les questions des transports et de la rénovation des logements, elles ont été "très déçues".

"Au début du grand débat, la transition écologique faisait partie des quatre grands piliers. Vu ce qu'il en ressort, on est loin du compte", juge en effet Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace. Sans exception, les quatre organisations regrettent l'absence de "mesure concrète".

Sévères sur le conseil de défense écologique

Pendant son allocution, Emmanuel Macron a bien évoqué la transition écologique. Il a notamment annoncé la mise en place d'un "conseil de défense écologique", réunissant "le Premier ministre et les principaux ministres chargés de cette transition" et présidé par le chef de l'Etat. Ce Conseil aura pour but de faire les "choix stratégiques" pour répondre "de manière radicale" à "l'urgence climatique".

Pas de quoi réjouir les associations. "C'est un point positif qu'il y ait cette transversalité et que la question de la transition écologique infuse dans tous les ministères mais ça devrait être le cas depuis longtemps", juge Pauline Boyer, porte-parole des mouvements Alternatiba et ANV Cop21. "C'est un nouveau conseil qui a été proposé. J'aimerais poser la question : que faire du Conseil des ministres ? Parce que finalement, cette transition écologique, c'est toutes les semaines qu'elle devrait être actée", ajoute Pierre Cannet, du WWF France.

"Les citoyens se sont déjà exprimés"

Deuxième annonce : la transformation du Conseil économique, social et environnemental en Conseil de la participation citoyenne, avec des citoyens tirés au sort, dont la première mission sera de se pencher sur la transition écologique. Il devra notamment "redessiner toutes les mesures concrètes d'aide aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements", a cité le président de la République.

Encore une fois, les associations doutent de son efficacité. "C'est une bonne chose d'écouter les citoyens, mais les citoyens se sont déjà exprimés sur la nécessité d'accélérer la transition et la lutte contre les changements climatiques", rappelle Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau action climat.  

Face à ces déceptions, les quatre associations l'annoncent : "On va continuer de rappeler que les annonces ne sont pas à la hauteur", lance Jean-François Julliard. Toutes préviennent qu'elles vont intensifier leur mobilisation. "On se donne rendez-vous le 24 mai pour la grève internationale des jeunes pour le climat", invite Pauline Boyer.

Des militants de Greenpeace manifestent à Paris pour lutter contre le réchauffement climatique, le 16 mars 2019.
Des militants de Greenpeace manifestent à Paris pour lutter contre le réchauffement climatique, le 16 mars 2019. (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)