Bureau exécutif du FN : Jean-Marie Le Pen sera jugé en l'absence de sa fille Marine

Le cofondateur du FN risque l'exclusion du parti, jeudi 20 août, pour ses attaques personnelles contre Marine Le Pen et Florian Philippot, ainsi que pour des propos sur le maréchal Pétain et les chambres à gaz.

Jean-Marie Le Pen quitte le siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 3 juillet 2015.
Jean-Marie Le Pen quitte le siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 3 juillet 2015. (THOMAS SAMSON / AFP)

Marine Le Pen sera absente du bureau exécutif du FN chargé de décider du sort de Jean-Marie Le Pen, jeudi 20 août. Cette décision a été prise "dans un souci d'impartialité totale", explique Florian Philippot, lui aussi absent, au journal L'Opinion. Sept des quinze griefs adressés à Jean-Marie Le Pen visent en effet des attaques contre la présidente du parti et de son bras droit. Florian Philippot ajoute que "le judiciarisme ne dure jamais très longtemps face à la volonté politique, surtout quand la base soutient à 94% la direction du parti".

"Marine Le Pen ne va pas l'aider à organiser son cirque"

"Madame Le Pen et Monsieur Philippot, objets des attaques et des injures de Monsieur Le Pen, ne veulent pas être juge et partie", a également précisé une source proche du FN, contactée par l'AFP. Avant de résumer, sans langue de bois : "Il veut organiser son cirque devant les médias, Marine Le Pen ne va quand même pas l'y aider." Le sort du cofondateur du FN repose donc entre les mains des autres membres du bureau : Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just, Louis Aliot, Nicolas Bay, Marie-Christine Arnautu et Jean-François Jalkh.

Jean-Marie Le Pen réclame un bureau public

Outre les attaques personnelles, sa fille Marine lui reproche également des propos sur le maréchal Pétain et les chambres à gaz, début avril. Après cinq mois de crise, le cofondateur du FN risque désormais une exclusion pure et simple. Début mai, Jean-Marie Le Pen avait boudé le bureau qui avait prononcé sa suspension. Cette fois, il compte bien se déplacer à Nanterre, "afin d'exprimer [ses] griefs à [lui], dans l'idée d'administrer une leçon et non d'en recevoir une". Jean-Marie Le Pen pose toutefois une condition à sa présence, indique son avocat Valéry Le Douguet à BFMTV : que le bureau exécutif soit public. Sinon, il restera à la maison.