FN : l'ombre de Jean-Marie Le Pen plane derrière le nouveau nom

Rassemblement national, c'est le nom proposé par Marine Le Pen ce dimanche 11 mars aux militants du FN. Le décodage du congrès du FN par la journaliste Danielle Sportiello.

France 3

Pour Marine Le Pen, le nom Front national est un frein psychologique qui peut empêcher certains Français de la rejoindre et cela rappelle les dérapages de Jean-Marie Le Pen. Il était urgent de changer de nom pour elle. Rassemblement, ça fait un peu gaulliste, ça rappelle le Rassemblement pour la République de Jacques Chirac. Pour jeter des passerelles en direction de l'électorat des Républicains, le mot rassemblement aide.

Mais Rassemblement national, c'était aussi le nom du groupe frontiste à l'Assemblée nationale entre 1986 et 1988. Et c'était encore le nom du parti de Jean-Louis Tixier-Vignancour, un avocat d'extrême droite, qui avait lors de sa campagne présidentielle de 1965 comme directeur de campagne un certain Jean-Marie Le Pen.

Mélenchon crie à la "banalisation"

Sur le fond, il y a toujours la ligne anti-européenne, la ligne anti-immigration. En ce sens, la présence de Steve Bannon au congrès de Lille n'est pas anodine. Il a été un artisan de la victoire de Donald Trump qui s'est séparé de lui pour cause d'extrémisme.

Ce changement de nom pour Marine Le Pen est le symbole d'une nouvelle étape. Elle veut passer d'un parti d'opposition à un parti de gouvernement. Chez les Républicains, Virginie Calmels parle "d'une simple opération cosmétique". Jean-Luc Mélenchon prend lui très au sérieux ce virage. "Elle est passée de la dédiabolisation à la banalisation", a-t-il déclaré sur France 3 ce dimanche matin.

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Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, au Parlemet européen à Strasbourg, le 5 février 2013.
Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, au Parlemet européen à Strasbourg, le 5 février 2013. (FREDERIC MAIGROT / REA)