Accusés d'être des "militants anti-Front national", Mediapart et Canal+ privés d'accès au congrès du parti

"Le Petit Journal" de Canal+ et Mediapart ne peuvent pas accréditer de journalistes pour le congrès du FN qui doit se tenir à Lyon samedi 29 et dimanche 30 novembre.

Marine Le Pen, présidente du Front national, le 7 septembre 2014 à Fréjus (Var).
Marine Le Pen, présidente du Front national, le 7 septembre 2014 à Fréjus (Var). (VALERY HACHE / AFP)

Mediapart et "Le Petit Journal" sont indésirables au FN. Le Front national refuse que le site d'information et l'émission de Canal+ aient accès à son congrès, prévu à Lyon samedi 29 et dimanche 30 novembre. Mediapart a transmis à l'AFP, lundi 24 novembre, un mail par lequel le FN refuse d'accréditer la journaliste qui couvre le parti pour ce site d'information en ligne : "Nous ne pouvons donner suite à votre demande d'accréditation au congrès du Front national en raison du grand nombre de journalistes et photographes pour des raisons de sécurité", est-il affirmé.

Une source au FN confirme que Mediapart et "Le Petit Journal" ne sont pas accrédités pour couvrir le congrès du parti : "Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde." Toutefois, Florian Philippot, vice-président du FN, livre une tout autre explication. "On accepte au congrès du Front national les militants du Front national et les médias, on n'accepte pas les militants des autres partis", a-t-il dit sur i-Télé, comme l'a relevé Le Lab. "Ce sont des militants, il faut l'assumer. En tout cas, ce sont des militants anti-Front national (...). Ce ne sont pas des médias, ce ne sont pas des journalistes", a martelé Florian Philippot.

"En démocratie, la presse est libre"

Le FN refuse régulièrement à ces deux médias l'accès à ses évènements. En septembre, une journaliste de Mediapart avait pu accéder normalement à l'Université d'été des jeunes FN à Fréjus, le samedi matin, avant de s'en voir refuser l'accès dans l'après-midi. Plusieurs journalistes avaient alors décidé de ne pas suivre les travaux de l'après-midi.

"Mediapart a organisé toute une série de débats pendant la présidentielle. Ils ont dit clairement dans un texte : 'Nous inviterons tous les candidats à la présidentielle sauf Marine Le Pen'. S'ils invitent tout le monde sauf moi, moi j'invite tous les journalistes sauf Mediapart (...). En faisant ça, Mediapart rompt avec la déontologie journalistique", avait répliqué Marine Le Pen quelques jours après.

"Par nos enquêtes, tant sur les liens de Marine Le Pen avec les ultras de l'extrême droite qu'avec nos révélations sur le financement du FN par une banque russe, on vient gêner la grande entreprise de communication de Marine Le Pen", a réagi François Bonnet, l'un des cofondateurs du site. "Marine Le Pen n'a toujours pas compris qu'en démocratie, une presse est libre et doit être autorisée à couvrir les partis avec les choix éditoriaux des médias et non les siens", a-t-il poursuivi, regrettant que l'accès de Mediapart à des rendez-vous FN ait été refusé "trois fois en un an".