Corbeil-Essonnes : sept personnes, dont l'actuel maire, renvoyées en correctionnelle pour des soupçons d'achat de votes

Jean-Pierre Bechter avait succédé à Serge Dassault, qui avait été également mis en examen. L'ex-milliardaire est mort en 2018 et l'action publique à son encontre s'est éteinte.

Jean-Pierre Bechter, actuel maire de Corbeil-Essonnes est renvoyé en correctionnelle. 
Jean-Pierre Bechter, actuel maire de Corbeil-Essonnes est renvoyé en correctionnelle.  (MAXPPP)

Dans les soupçons d'achat de votes à Corbeil-Essonnes, (Essone), sept personnes sont renvoyées en correctionnelle, a appris ce vendredi 6 septembre franceinfo de source proche du dossier confirmant une information de Mediapart. Parmi elles figure Jean-Pierre Bechter l'actuel maire de la commune qui a succédé à Serge Dassault.

L'ancien maire de la ville, industriel et milliardaire mort en 2018, avait été mis en examen pour achats de votes, blanchiment et complicité de financement illicite de campagne électorale. En raison de son décès, l'action publique à son encontre s'est éteinte.

Nombreux dons et système de clientélisme

L’existence d’un vaste système clientéliste dans le fief de l’industriel Serge Dassault, élu maire en 1995, avait provoqué l’annulation des élections municipales de 2008 et 2009. Sa candidature invalidée par le Conseil d’État, il avait alors demandé à son collaborateur Jean-Pierre Bechter de se présenter à sa place.

Le PNF, parquet national financier qui avait requis le renvoi en correctionnel de Jean-Pierre Bechter notamment, considérait que les nombreux dons de Serge Dassault aux habitants de Corbeil-Essonnes s'apparentaient bien à des achats de votes.

Le parquet avait requis le renvoi de 8 personnes en correctionnelle. Outre Jean-Pierre Bechter, Jacques Lebigre et Cristela de Oliveira, deux anciens adjoints sont également renvoyés devant les tribunaux. Un comptable suisse, Gérard Limat, sera lui jugé pour "blanchiment de financement illégal de campagne électorale", recel de ce délit et "blanchiment de fraude fiscale". Trois intermédiaires présumés du système comparaîtront aussi. Concernant un quatrième intermédiaire, l'action publique s'est éteinte à son encontre puisqu'il est mort en janvier dernier.