Au Venezuela, "le moment est venu", clament des opposants au président Maduro, appelés à une grande mobilisation nationale

Au Venezuela, l'opposition compte descendre dans la rue, mercredi, contre le président Nicolas Maduro, récemment investi pour un second mandat.   

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 10 janvier 2019, investi pour un deuxième mandat. 
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 10 janvier 2019, investi pour un deuxième mandat.  (FEDERICO PARRA / AFP)

Au Venezuela, dans un café de Chacao, un quartier de Caracas réputé favorable à l’opposition, la mobilisation du 23 janvier, lancée par l'opposition au président Maduro, est au centre des discussions, avec des avis partagés.

L'opposition va se compter lors d'une journée de mobilisation nationale - un reportage de Benjamin Delille.
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Juan était de toutes les manifestations en 2014 et en 2017. Il a entendu l'appel du président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido, pour manifester contre le président Nicolas Maduro, jugé illégitime par l’opposition et toute une partie de la communauté internationale, mais la peur est présente. "Le 23 janvier, je vais rester chez moi, parce que la répression du gouvernement contre les manifestants, contre ceux qui seront dans la rue, ils l’ont dit, sera sévère", confie cet habitant de la capitale.

Je préfère ne pas prendre le risque.Juan, habitant de Caracasà franceinfo

Il est vrai que de nombreux Vénézuéliens ont été traumatisés par les 125 morts lors des manifestations de 2017. Cependant, Juan pourrait changer d’avis si cette année, les classes populaires se mobilisaient enfin, dit-il, aux côtés de l’opposition.

"Si on ne sort pas maintenant, on ne le fera jamais"

Michelle, 24 ans, croit dur comme fer au succès de la mobilisation, parce que l’opposition, affirme-t-elle, s’est enfin dotée d’un vrai leader, en la personne de Juan Guaido.

Ce Guaido a démontré qu’on peut lui faire confiance et beaucoup de monde le soutient.Michelle à franceinfo

Pour changer les choses, la jeune femme estime qu’il faut profiter de la dynamique actuelle, alors que Nicolas Maduro a été investi pour second mandat le 10 janvier dernier. "Le moment est venu. Je pense que si on ne sort pas maintenant, on ne le fera jamais et le gouvernement va rester encore six ans. Et avec cette situation, moi je ne reste pas six ans de plus dans ce pays, lance-t-elle. Pour moi, c’est la dernière tentative. On verra ce qu’il se passe. Si ça ne marche pas, je préfère m’en aller."

Un choix qu’ont déjà fait plus de deux millions de Vénézuéliens depuis 2015. L’exode a été massif. Reste à savoir si ces départs se feront sentir dans les cortèges.