Etats-Unis : le candidat républicain Donald Trump lâché après une remarque sur les menstruations d'une journaliste

Le milliardaire américain, qui se défend en fustigeant le "politiquement correct", a souvent été accusé de sexisme. 

Donald Trump pendant le premier débat de la primaire républicaine, à Cleveland (Ohio, Midwest), jeudi 6 août 2015. 
Donald Trump pendant le premier débat de la primaire républicaine, à Cleveland (Ohio, Midwest), jeudi 6 août 2015.  (MANDEL NGAN / AFP)

Le milliardaire américain Donald Trump, prétendant à l'investiture républicaine à la Maison Blanche, a provoqué un tollé dans son propre camp, samedi 8 août. Le magnat de l'immobilier, trublion de la pré-campagne des présidentielles de 2016, est accusé d'avoir fait allusion vendredi aux menstruations d'une journaliste star de la chaîne Fox News.

Une énième accusation de sexisme qui pourrait coûter cher politiquement au favori des sondages. 

"Pas beaucoup de respect pour elle"

Donald Trump a accusé Megyn Kelly de lui avoir réservé un traitement "injuste", jeudi soir, lors du premier débat des primaires républicaines. Celle-ci lui avait en effet demandé de s'expliquer sur des remarques sexistes proférés par Donald Trump dans le passé. Invité de CNN le lendemain, le milliardaire s'en est pris à la journaliste, déclarant ne "pas beaucoup de respect pour elle". "On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son... où que ce soit", a-t-il ajouté. 

Au regard du tollé provoqué par cette phrase, qui laisse entendre qu'il parle de menstruations, le milliardaire a tenté samedi d'expliquer ses propos : dénonçant le "politiquement correct", il a affirmé avoir voulu désigner le "nez" de la journaliste. Sans convaincre. 

Les républicains ne veulent pas d'une "guerre contre les femmes" 

Suite à cette déclaration, des sympathisants républicains qui l'avaient invité à parler samedi lors d'un meeting à Atlanta (sud-est) lui ont retiré l'invitation. "Bien que j'apprécie personnellement Donald Trump, sa remarque à propos de Megyn Kelly sur CNN va trop loin", a écrit Erick Erickson, rédacteur en chef d'un site proche des républicains, RedState, qui organise le rassemblement.

La seule candidate aux primaires républicaines, Carly Fiorina, a réagi sur Twitter en assénant: "M. Trump: c'est inexcusable" avant d'ajouter "Je soutiens @Megynkelly". Un autre aspirant républicain à la présidentielle, le gouverneur du Wisconsin Scott Walker, lui a emboîté le pas en assurant sur le réseau social: "Je suis d'accord avec @CarlyFiorina, les commentaires de Trump n'ont aucune excuse. Soutenons @MegynKelly".

Invité au rassemblement de RedState, un troisième candidat, Mike Huckabee a déclaré que "le parti républicain n'est pas engagé dans une guerre contre les femmes". "Le parti républicain ne dit pas des choses sur Megyn Kelly. (...) C'est un individu qui le fait", a-t-il ajouté selon Politico.