Etats-Unis : la mort d'une fillette guatémaltèque à la frontière relance la polémique sur le sort des enfants migrants

 La petite fille est morte de déshydratation et d'épuisement après avoir traversé cette frontière au niveau du désert du Nouveau Mexique.

Près de 150 migrants d\'Amérique centrale sont arrêtés par la patrouille des frontières, après être entrés aux États-Unis par le Rio Grande, le 3 décembre 2018.
Près de 150 migrants d'Amérique centrale sont arrêtés par la patrouille des frontières, après être entrés aux États-Unis par le Rio Grande, le 3 décembre 2018. (HERIKA MARTINEZ / AFP)

Elle est morte quelques heures après son arrestation par des garde-frontières américains. Le décès d'une fillette guatémaltèque de 7 ans illustre à nouveau le sort alarmant de milliers d'enfants migrants qui franchissent illégalement la frontière sud des Etats-Unis. La petite fille est morte de déshydratation et d'épuisement après avoir traversé cette frontière, avec son père, au niveau du désert du Nouveau Mexique, a révélé le quotidien Washington Post (en angais). Les autorités ont confirmé sa mort, survenue le 8 décembre, mais assurent que les causes ne seront pas connues avant le résultat d'une autopsie.

La tragédie, survenue alors que près de 15 000 mineurs non accompagnés sont détenus dans des structures d'accueil sous-dimensionnées, a suscité un profond émoi. Mais le gouvernement de Donald Trump et l'opposition démocrate, engagés dans un bras de fer sur le mur que le président réclame à la frontière avec le Mexique, n'en ont pas tiré les mêmes conclusions.

Une enquête ouverte

La petite fille et son père avaient traversé illégalement la frontière au sein d'un groupe de 163 migrants. Une fois arrivés sur le sol américain, le soir du 6 décembre, ils s'étaient rendus aux garde-frontières. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, un examen préliminaire de la fillette "n'avait pas révélé de problèmes de santé". Mais, dans le bus qui la transportait au centre de détention à 150 km, elle avait commencé à vomir. A son arrivée, environ trois heures plus tard, son père a signalé qu'elle ne respirait plus. Elle a alors été transférée en ambulance aérienne à l'hôpital d'El Paso avec une fièvre de 41 degrés. Arrivée en arrêt cardiaque, elle a été réanimée mais "elle est morte à l'hôpital moins de 24 heures après son admission", selon le ministère. Une enquête a été ouverte pour déterminer si "toutes les politiques appropriées ont bien été suivies".

L'administration a assuré avoir "fait de son mieux" pour empêcher cette tragédie et a pointé du doigt les parents de la fillette. "Cette famille a choisi de traverser illégalement" la frontière, a déclaré la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen. La Maison Blanche a pour sa part attaqué les démocrates. Cette mort "tragique" "aurait pu être évitée", si tous les élus s'étaient entendus pour "décourager" les étrangers de traverser illégalement la frontière. "Nous espérons que les démocrates vont rejoindre le président", a déclaré un de ses porte-parole, Hogan Gidley.

Les démocrates refusent actuellement de voter le financement du mur à la frontière avec le Mexique, promesse de campagne du magnat de l'immobilier. Le président a menacé d'aller jusqu'au "shutdown" (paralysie de certaines administrations faute d'accord sur le budget) s'ils ne cédaient pas. Vendredi, ils ont manifesté leur effroi face à la mort de la fillette et renvoyé la balle dans le camp présidentiel. "La politique de tolérance zéro" contre l'immigration illégale prônée par le président Trump a entraîné "une escalade dans le traitement cruel des immigrés", a estimé Enrique Gutiérrez, porte-parole du parti démocrate sur les questions hispaniques. "Quand l'administration Trump insiste pour militariser la frontière et poursuivre la construction du mur, elle pousse des gens qui fuient la violence dans les régions désertiques", a également estimé Cynthia Pompa, une des responsables de la puissante organisation des droits humains ACLU