Le Sénat américain rejette l'abrogation partielle de l'Obamacare

Ce vote porte un coup dur à l'ambition du président Trump de démanteler les réformes de santé de son prédécesseur Barack Obama.

John McCain quitte le Sénat, le 28 juillet 2017, à Washington.
John McCain quitte le Sénat, le 28 juillet 2017, à Washington. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

C'est un revers pour le président Donald Trump. Le Sénat américain a rejeté, vendredi 28 juillet, l'abrogation partielle de l'Obamacare. Le sénateur républicain John McCain, qui vient d'annoncer souffrir d'un cancer du cerveau, s'est notamment prononcé contre cette abrogation partielle. Ce vote constitue "une déception", a déclaré le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell.

Trois sénateurs républicains ont joint leurs voix à celles des démocrates pour voter contre le texte, rejeté par 51 voix contre 49. Les ténors du Parti républicain avaient pourtant exhorté leurs troupes à voter pour cette abrogation "réduite", afin de lancer des négociations entre le Sénat et la Chambre des représentants et éviter un abandon des promesses d'abrogation mûries par le parti depuis près de sept ans.

Le document de huit pages constituait un compromis, les sénateurs ayant déjà rejeté cette semaine, par 57 voix contre 43, une abrogation pure et simple sans remplacement de la loi existante, que réclament les conservateurs, mais auquel s'opposait l'aile modérée du Parti républicain.

Trump affirme que l'Obamacare va "imploser"

Le projet de loi prévoyait de lever rétroactivement les pénalités imposées aux Américains n'ayant pas souscrit d'assurance santé, abolissant de facto l'obligation contenue dans l'Affordable Care Act. Il levait pour une durée de huit ans les amendes sur certains employeurs ne fournissant pas d'assurance santé à leurs employés et prévoyait d'abolir une taxe sur la vente de matériel médical jusqu'en 2020.

Constatant la fronde de certains sénateurs, Donald Trump était apparu résigné, dix jours plus tôt, face au risque de blocage de sa réforme du système de santé. Il avait prédit que la loi démocrate de 2010, signée par son prédécesseur, finirait de toute façon par mourir sous son propre poids, à défaut d'avoir été démantelée. Une prédiction répétée ce vendredi : "Laissons Obamacare imploser."