Le président turc espère que le blocage de Twitter sera bientôt levé

Réputé plus modéré que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, Abdullah Gül a déclaré, dimanche, que le blocage de Twitter serait prochainement levé.

L\'autorité turque des télécommunications a interdit, le 20 mars 2013, l\'accès à Twitter depuis la Turquie.
L'autorité turque des télécommunications a interdit, le 20 mars 2013, l'accès à Twitter depuis la Turquie. (KARL-JOSEF HILDENBRAND / AFP)

La mesure a suscité des critiques en Turquie et sur le plan international. Soucieux de calmer le jeu, le président turc Abdullah Gül a déclaré, dimanche 23 mars, qu'il pensait que le blocage de Twitter par le gouvernement serait prochainement levé. "Je pense que le problème sera bientôt résolu", a-t-il confié.

Utilisateur régulier des réseaux sociaux, Abdullah Gül avait dénoncé, vendredi, sur son compte Twitter, le blocage du réseau social par le gouvernement. Réputé plus modéré que le chef du gouvernement Recep Tayyip Erdogan, le président a multiplié les prises de distance publiques avec les positions intransigeantes de son Premier ministre.

"Une situation déplaisante"

"C'est évidemment une situation déplaisante pour un pays développé comme la Turquie, qui est un acteur régional de poids et en négociations avec l'Union européenne. Pour cette raison, ce problème sera surmonté rapidement", a ajouté Abdullah Gül.

L'autorité turque des télécommunications a interdit, jeudi soir, l'accès à Twitter, après que Recep Tayyip Erdogan eut annoncé sa décision d'éradiquer le site de microblogging. "Nous allons supprimer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale", avait-il lancé, lors d'un rassemblement électoral, à huit jours des élections municipales.

Malgré la mesure, un nombre de tweets en hausse

Loin de brider l'utilisation de Twitter, l'interdiction a provoqué une explosion du nombre de tweets, qui ont augmenté de 138%, selon une étude réalisée par la société d'analyse des des médias sociaux Brandwatch. Furieux, les Turcs ont eu recours aux réseaux privés virtuels (VPN) et changé de système de noms de domaines (DNS) pour contourner les restrictions.

Le gouvernement Erdogan a indiqué avoir décidé ce blocage après que le réseau social basé aux Etats-Uni, qualifié de "biaisé et partial", eut refusé de se conformer à des "centaines de décisions de justice" depuis janvier dernier, sur le retrait des enregistrements de conversations téléphoniques piratées.

Les enregistrements circulant sur Twitter dévoilent notamment une conversation présumée d'Erdogan avec son fils, où il est question de dissimuler d'importantes sommes d'argent, ainsi que de pressions exercées par le Premier ministre sur la justice ou la presse et d'ingérences dans des ventes immobilières. Erdogan a a catégoriquement rejeté ces accusations.