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La Turquie élit le parlement le plus féminin de son histoire

Les législatives du 7 juin 2015 en Turquie n’ont pas seulement vu l’échec des ambitions de Recep Erdogan mais aussi l’élection du parlement le plus féminin de l’histoire de la Turquie. 97 femmes devraient être élues dans le nouveau parlement qui compte 550 sièges. Il y en avait 79 dans la précédente assemblée.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Feleknas Uca, première femme yazidie élue au parlement turc. Elle était candidate sur une liste du HDP. (AURORE BELOT / NURPHOTO)
L'arrivée de nombreuses femmes dans le parlement turc est une des conséquences indirectes du score du HDP, le «Syriza» turc qui a contribué à l’échec des ambitions de l’AKP. Le HDP défend en effet la parité en politique.

Le droit de vote des femmes remonte à 1930 et le droit d'être élue à 1934. Attaturk avait donné ce droit bien avant un pays comme la France qui n'a donné le droit de vote aux femmes qu'après la Seconde guerre mondiale.

Le HDP devrait ainsi envoyer environ 30 femmes au Parlement sur ses 80 élus. L’AKP aura 41 élues (contre 46 auparavant). Les sociaux-démocrates du CHP devraient avoir 22 femmes élues et le nationaliste MHP quatre.

Après les élections du 7 juin 2015, l'Assemblée turque compte environ 17-18% de femmes. En comparaison, la France a 27% de députés femmes. Avec ces chiffres, la Turquie, qui était à la 90e place dans le classement des pays dont les parlements sont les plus féminisés,  va passer à la 75e environ (comme la Lettonie ou la Slovaquie). La France est à la 44e place. 

Ce bond en avant est donc dû au succès de la liste du HDP, qui en franchissant largement le seuil légal des 10%, envoie quelque 80 élus à l’Assemblée. Or les statuts de ce parti de gauche imposent la parité. C’est ainsi que cette formation est co-présidée à la fois par un homme et une femme, et que tout est paritaire, à tous les niveaux dans le parti.

Le journal turc Hurriyet note que, parmi les femmes élues, figurent de fortes personnalités. A l'AKP, on trouve ainsi Leyla Sahin, une étudiante en médecine exclue de l'Université d'Istanbul pour port du voile et qui avait saisi la Cour européenne des droits de l’Homme. Pour le CHP, on trouve Selina Dogan, Arménienne et avocate. Sans parler de l’entrée au parlement de Dilek Öcalan pour le HDP, nièce du président du PKK, Abdullah Öcalan, toujours emprisonné.

Femmes soutenant le HDP lors d'un meeting. Le HDP est entré au parlement lors du scrutin du 7 juin 2015. (ILYAS AKENGIN / AFP)

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