Russie : un déserteur arrêté après s'être caché pendant dix ans dans la forêt

L'homme de 30 ans, qui avait déserté pour échapper au service militaire, a été arrêté par la police.

Un déserteur de l\'armée russe s\'est caché pendant plus de dix ans dans la forêt du Kamtchatka, en Russie.
Un déserteur de l'armée russe s'est caché pendant plus de dix ans dans la forêt du Kamtchatka, en Russie. (PHILIPPE CROCHET / PHOTONONSTOP / AFP)

Il s'est caché pendant plus de dix ans dans une forêt du Kamtchatka, dans l'Extrême-Orient russe, pour échapper au service militaire. Un appelé de l'armée russe, qui avait déserté, a été arrêté par la police, ont annoncé, lundi 30 novembre, les autorités locales.

L'homme de 30 ans, dont l'identité n'a pas été rendue publique, avait été appelé sous les drapeaux en 2003. Il avait déjà effectué sa première des deux années de service quand il a déserté, selon la police. "Il a vécu au Kamtchatka, la plupart du temps en se cachant dans la forêt. Il a fait des petits boulots et n'a pas tenté d'entrer en contact avec sa famille", a déclaré la branche régionale du ministère de l'Intérieur.

Le déserteur est originaire de Taganrog, dans le sud-ouest de la Russie. Selon les autorités, les recherches pour le retrouver avaient été interrompues après que sa famille eut identifié le cadavre d'un autre homme comme étant le sien. Dans les bois, l'homme s'était construit une petite maison avec des matériaux de récupération dans la périphérie de Petropavlovsk-Kamtchatski, la capitale régionale. Il travaillait dans des fermes, ou récupérait de la ferraille pour survivre.

Sera-t-il condamné ?

Selon la loi russe, les soldats reconnus coupables de désertion risquent jusqu'à sept ans de prison. La présidente de l'ONG Comité des mères de soldats russes, Valentina Melnikova, doute toutefois que ce déserteur soit condamné. "Il y a eu beaucoup de cas de désertion dans l'Extrême-Orient ces derniers temps. Certains se sont cachés pendant des années dans des caves, mais ils passent simplement un examen médical et sont laissés en liberté", explique-t-elle.

En 1994, le soldat Viktor Borovik avait ainsi déserté de son unité avant d'être retrouvé six ans plus tard, vivant dans une hutte en forêt. De nombreux appelés désertent notamment pour échapper aux brimades et bizutages violents, courants dans l'armée russe.