"Presque tous ses organes ont été atteints" : le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov risque toujours de mourir, après sa grève de la faim

Même s'il a récemment arrêté sa grève de la faim après 145 jours de privations, sa situation reste "très, très grave", selon sa cousine.

Les autorités russes ont diffusé, le 29 septembre 2018, une photo du cinéaste ukrainien Oleg Stentov qui purge une peine de vingt ans de détention en Russie.
Les autorités russes ont diffusé, le 29 septembre 2018, une photo du cinéaste ukrainien Oleg Stentov qui purge une peine de vingt ans de détention en Russie. (HO / RUSSIAN FEDERAL PENITENTIARY SER / AFP)

"Abandonner une grève de la faim est un processus assez compliqué. Personne ne peut dire à l’heure actuelle qu’Oleg va s’en sortir." Ces mots sont ceux de Natalia Kaplan. Lors d’une conférence de presse organisée à Kiev, mardi 16 octobre, la cousine du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov s’est alarmée du risque qu’il encourt de ne pas survivre après sa grève de la faim de 145 jours. "La situation est très, très grave", a-t-elle expliqué.

Elle évoque des problèmes de foie, de cœur et de cerveau. "Ses dernières lettres sont assez pessimistes", a-t-elle encore déclaré, en ajoutant que le cinéaste "a écrit un testament où il demande de ne pas abandonner ses enfants".

Presque tous ses organes ont été gravement atteints.la cousine d'Oleg Sentsoven conférence de presse

De son côté, l’administration pénitentiaire de la région russe où est emprisonné Oleg Sentsov affirme que son état de santé "ne s’est pas détérioré" et qu’il ne se trouve pas en réanimation.

Oleg Sentsov avait entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens détenus en Russie. Arrêté en Crimée après l'annexion de la péninsule par la Russie en 2014, il a été condamné à vingt ans de détention à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l'Union européenne et les États-Unis.