Mahmoud Abbas parle de "déclaration de guerre" après l'interdiction de l'esplanade des Mosquées aux musulmans

La décision de l'interdiction survient au lendemain de l'attaque contre un militant de l'extrême droite israélienne. Le Palestinien soupçonné d'être l'auteur des coups de feu a été tué par la police jeudi. 

Des touristes sur l\'esplanade des Mosquées à Jérusalem (Israël), le 27 octobre 2014.
Des touristes sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem (Israël), le 27 octobre 2014. (SALIH ZEKI FAZLIOGLU / ANADOLU AGENCY / AFP)

Regain de tensions en Israël et Palestine. Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas dénonce, jeudi 30 octobre, "une déclaration de guerre" israélienne, après l'interdiction d'accès de l'esplanade des Mosquées aux fidèles musulmans jusqu'à nouvel ordre. La police israélienne a décidé de déployer des renforts de plusieurs centaines d'hommes dans la ville.

Cette décision intervient au lendemain d'une attaque armée contre un militant de l'extrême droite israélienne, Yéhuda Glick. Ce dernier a été grièvement blessé mercredi soir à Jérusalem-ouest par les tirs d'un motocycliste, qui a pris la fuite. Jeudi matin, le Palestinien soupçonné d'être l'auteur des coups de feu a été tué par la police israélienne, a indiqué un porte-parole de la police.

L'esplanade des Mosquées au cœur des tensions

Yéhuda Glick milite depuis des années afin d'obtenir l'autorisation pour les juifs de prier sur le Mont du Temple, lieu le plus saint du judaïsme où s'étend l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam. Il a été expulsé à de multiples reprises de ce site par la police israélienne.

Le statut de l'esplanade des Mosquées est une source de tensions permanentes. Quand le Premier ministre Ariel Sharon s'y était rendu en 2000 lors d'une visite, cela avait été l'un des éléments à l'origine de la seconde intifida. Depuis plusieurs mois, les musulmans redoutent que le gouvernement israélien autorise les juifs à y prier, ce qui leur est interdit e jusqu'à présent.

Une telle autorisation constituerait, selon les musulmans, le premier pas vers la destruction des mosquées en vue de bâtir le troisième temple juif. Mais le Premier ministre Benyamin Nétanyahou s'est de nouveau défendu, lundi, de vouloir changer le statut de ce lieu saint.