Massacre de Sétif : le gouvernement français présent pour la première fois lors des commémorations

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants est en visite en Algérie et participe aux cérémonies de commémorations du massacre de Sétif. Une première pour l'Etat français.

(Jean-Marc Todeschini est secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants. © MaxPPP)

C’est une première dans les relations entre l’Algérie et la France : Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants, effectue ce dimanche une visite mémorielle en Algérie, et notamment à Sétif, où il participe aux commémorations du massacre du 8 mai 1945, qui causa des milliers de morts parmi les Algériens et une centaine parmi les Européens.

"Ce déplacement est un geste fort et concret, un geste supplémentaire à la parole du président François Hollande" , a déclaré Jean-Marc Todeschini, qualifiant son voyage comme étant "une démarche d’amitié et de respect" .

"Ce déplacement est un geste fort et concret, supplémentaire à la parole de François Hollande", Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants.
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Mais 70 ans après le drame, la mémoire de ce massacre n'est toujours pas apaisée, comme l’explique l'historien Benjamin Stora : "Il y a toujours une guerre mémorielle entre l'Algérie et la France, qui entache les relations entre les deux pays."

"Il y a toujours une guerre mémorielle entre l'Algérie et la France", Benjamin Stora, historien.
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Lors de ce "voyage mémoriel", le secrétaire d’Etat va déposer une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de la première victime algérienne de la répression des manifestations du 8 mai 1945.

Ce jour-là, alors que la France célébrait la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, les festivités tournèrent au drame à Sétif, Guelma et Kheratta, dans l'est de l'Algérie, où des nationalistes défilèrent, drapeaux algériens à la main.

La répression des manifestations, considérées comme les prémices de la guerre d'indépendance, fit plusieurs milliers de morts parmi les Algériens - jusqu'à 45.000 selon la mémoire collective algérienne - victimes de la police, de l'armée ou de milices de colons. Une centaine d'Européens, pris à partie par des nationalistes algériens, furent également tués.