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Libye : Mitt Romney rate son examen d'entrée sur la politique étrangère

Mitt Romney a voulu faire trop vite. Et trop fort. Après les émeutes anti-américaines en Égypte et en Libye mais surtout avant d'apprendre la mort de quatre américains dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye, le candidat républicain a qualifié de "honteuse" la première réaction de l'administration Obama. Aujourd'hui, les conséquences de cette déclaration sont désastreuses.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
 (Jim Young Reuters)

Mitt Romney est l'auteur d'un livre en 2010 : "No Apology" . Il y reproche à Barack Obama d'avoir tenté
d'apaiser les ennemis de l'Amérique. Une attaque qu'il vient de réitérer après l'attaque mardi des consulats d'Egypte et de Libye.

L'ambassade américaine au Caire fait rapidement partir un communiqué qui dénonce le contenu du film anti-Islam qui provoque les manifestations. La candidat républicain fonce bille en tête et dénonce une réponse "honteuse". "Je pense que c'est prendre une trajectoire terrible pour l'Amérique que de s'excuser de nos valeurs" , explique-t-il.

La presse
américaine qualifie " d'erreur " la déclaration de Romney

Pour la presse américaine, Mitt Romney
semble avoir voulu tirer un avantage politique d'une attaque qui a coûté la vie à 4 américains. Impardonnable pour beaucoup d'éditorialistes. Sur MSNBC, Lawrence O'Donnell déclare : "le camp Romney
aurait mieux fait de ne rien dire car dans ces cas-là (...), la seule
chose qui va attirer l'attention est de dire une chose stupide, ce qu'ils ont
réussi à faire"
. Même son de cloche pour Chuck
Todd sur la même chaîne : "Mitt Romney a mal calculé quand il a décidé d'attaquer
le président Barack Obama"
.

Romney lâché dans son propre camp

Aux yeux de tous, le candidat Romney a parlé un peu trop vite. Personne ne semble le suivre, même parmi les plus farouches opposant à Barack Obama. Comme
le rapporte le New York Times, la plupart des républicains à Washington se sont
joints aux démocrates pour dénoncer les attaques contre les ambassades
américaines.

Le sénateur républicain du Kentucky Mitch Mc Connel, critique
fréquent d'Obama salue la réponse d'Obama : "Nous rendons hommage aux Américains qui
ont perdu la vie en Libye et affichons notre unité dans la réponse qu'il faut y
apporter".
Idem pour John McCain,
sénateur républicain de l'Arizona, ancien adversaire d'Obama dans la course à
la Maison Blanche en 2008 et qui ne manque pourtant jamais une occasion de
critiquer la politique étrangère du président américain. Mitt Romney doit se
sentir bien seul.

Riposte des démocrates

L'équipe
de campagne de Barack Obama riposte rapidement aux critiques. Le porte parole
du président américain reproche à Mitt Romney de lancer des "attaques
politiciennes le jour d'un pareil drame"
, rapporte le site américain
Politico.

Le coup de grâce vient
du président lui-même. Invité de 60 minutes sur CBS, Barack Obama juge que "Romney tire
avant de viser et qu'il faut avoir tous les faits avant de faire un
communiqué"
. Comme une manière de rappeler les manières
de cow-boy de Georges Bush, parti de la Maison Blanche en 2008 avec une côte de
popularité certainement la plus basse de l'histoire politique des Etats-Unis.
Obama s'élève alors en président posé et confiant et qui compte bien le rester. 

  Mitt Romney tente
vainement de corriger le tir, un peu maladroitement, devant les journalistes. "La
Maison Blanche a pris ses distances hier soir avec le communiqué
[publié
par l'ambassade américaine au Caire], assurant qu'il n'avait pas été validé
à Washington. Cela montre les signaux ambigus que cette administration envoie
au monde"
, juge-t-il, en s'emmêlant un peu les pinceaux.

Les démocrates tire un avantage de cette "bourde"

Reste pour les démocrates à tout faire
pour que la déclaration de Romney reste dans les mémoires comme une déclaration
pas vraiment "présidentielle", dans un pays où la politique
étrangère est essentielle. Et de conserver l'avance du président démocrate : 51% des électeurs
sondés récemment par le Washington Post-ABC News pensent qu'Obama ferait un
meilleur travail pour lutter contre le terrorisme.

Cette phrase  de Gail
Collins à retenir ce matin dans le New York Times : "Il reste
deux mois et nous voilà à repenser notre présomption que les électeurs des
primaires républicaines avaient choisi l'option la plus stable
".

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