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Les milliers de partisans de T. Shinawatra ont voulu dimanche s'inscrire dans "l'Histoire" en écrivant avec leur sang

Alors que le dialogue avec le pouvoir semblait irréaliste, les "rouges" étaient 65.000 samedi dans rues de Bangkok.Surtout composé de masses rurales du nord et du nord-est, le mouvement veut faire front commun contre les élites (palais royal, militaires, hauts fonctionnaires, magistrats) qui selon lui monopolisent pouvoir et richesses.
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Les chemises rouges dans les rues de Bangkok en soutien à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, le 20 mars 2010. (AFP/PORNCHAI KITTIWONGSAKUL)

Alors que le dialogue avec le pouvoir semblait irréaliste, les "rouges" étaient 65.000 samedi dans rues de Bangkok.

Surtout composé de masses rurales du nord et du nord-est, le mouvement veut faire front commun contre les élites (palais royal, militaires, hauts fonctionnaires, magistrats) qui selon lui monopolisent pouvoir et richesses.

Pour marquer les esprits, les partisans de l'ancien premier ministre ont peint des poèmes et des slogans sur une toile de leur propre sang. Déjà, jeudi ils avaient versé des centaines de litres d'hémoglobine devant le domicile et les bureaux du Premier ministre, Abshisit Vejjajiva, métaphore de leur sacrifice pour la démocratie.

Cette hémorragie symbolique n'a été accompagnée d'aucune violence. Samedi, le chef du gouvernement avait annoncé avoir convaincu les "chemises rouges" de discuter avec deux de ses émissaires pour trouver une issue à la crise. Mais les responsables du mouvement avaient démenti peu après, affirmant qu'ils ne discuteraient qu'avec Abhisit en personne.

Selon M.Vejjajiva, Thaksin, renversé en 2006, est un "obstacle à la négociation" entre le gouvernement et les "chemises rouges".

Dialogue de sourds
Le diplômé d'Oxford a estimé qu'"il semble que Thaksin ne veuille pas parler". "Si ('les rouges') viennent (discuter) cela voudra dire qu'ils veulent la démocratie. Sinon, c'est qu'ils font ce que Thaksin leur demande de faire".

Pour sa part, Jatuporn Prompan, l'un des responsables des "rouges", a réitéré dimanche."Nous ne parlerons avec personne d'autre qu'Abhisit et nous ne parlerons que d'une chose, la dissolution de la chambre" basse.

Le Premier ministre a répété qu'il ne dissoudrait l'assemblée que lorsque la sécurité dans le pays serait rétablie et lorsque l'économie aurait redémarré. Une façon de renvoyer le débat à la fin de la législature actuelle, dans un an et demi.

Thaksin, richissime magnat des télécommunications, a été le seul Premier ministre thaïlandais jamais réélu, avant d'être renversé par un coup d'Etat militaire en 2006.

Il a ensuite fui le pays pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour corruption, mais ses alliés ont gouverné deux ans encore après son renversement.

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