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La Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) quitte officiellement vendredi le Tchad

Son bilan est qualifié de mitigé, dans une zone en mutation, alors que la capacité des forces tchadiennes à assurer la sécurité inquiète la communauté internationale.Le personnel humanitaire installé au Tchad a souvent reproché le manque de présence sur le terrain de la Mission qui n'a jamais réussi à déployer entièrement les 5.200 soldats prévus.
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France Télévisions Rédaction Culture
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Le General El Hadj Mouhamadou Kandji, chef de la Mission au Tchad, Minurcat, passe en revue des troupes en 2009 (AFP/PHILIPPE HUGUEN)

Son bilan est qualifié de mitigé, dans une zone en mutation, alors que la capacité des forces tchadiennes à assurer la sécurité inquiète la communauté internationale.

Le personnel humanitaire installé au Tchad a souvent reproché le manque de présence sur le terrain de la Mission qui n'a jamais réussi à déployer entièrement les 5.200 soldats prévus.

Le président Idriss Deby Itno, qui a demandé le départ de la Minurcat en février 2010, a qualifié la mission "d'échec".

Mais pour Sylvianne Nguetora, du service de communication de la Mission, "même si certaines personnes pensent que la Minurcat n'a pas pu faire grand-chose, elle a assuré d'une manière ou d'une autre la sécurité à l'Est du Tchad ".

Stefano Severe, le représentant du Haut Commissariat aux Réfugiés au Tchad (HCR) souligne quant à lui "tout le travail accompli par la partie civile de la mission" ainsi que "la formation des DIS" (Détachement intégré de sécurité), une force spéciale tchadienne, formée par l'Eufor (la force européenne) puis la Minurcat et qui dispose d'une dotation spéciale.

Paradoxalement, la communauté humanitaire, critique envers la Minurcat, appréhende son départ. Amnesty International estimait en mai que le départ était "prématuré" et "augmentera l'insécurité dans la zone et minera les tentatives d'assistance et de secours".

Les populations locales ainsi que les quelques 450.000 réfugiés et déplacés mais aussi les humanitaires sont une proie facile pour les braqueurs, bandits, et autre coupeurs de route alors que certains prévoient que le départ et le démantèlement des groupes rebelles des deux côté de la frontière va jeter dans la région bon nombre d'hommes armés et désoeuvrés.

"La Minurcat n'a jamais assuré la sécurité de la population", affirme de son côté le général Oki Dagache, représentant spécial du président tchadien auprès de la force internationale. Les autorités tchadiennes promettent qu'elles sont en mesure d'assurer la sécurité, notamment grâce aux DIS.

"Le départ de la Minurcat intervient en même temps que le réchauffement des relations entre le Tchad et le Soudan. Il y a désormais une force mixte qui contrôle la frontière", a précisé Un diplomate occidental en poste à N'Djamena.

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