La Chine ferme ses camps de "rééducation par le travail"

Les camps de rééducation sont "devenus superflus", d'après un texte gouvernemental chinois. La plus haute instance législative du pays vient d'adopter une motion pour officialiser l'abolition des camps de rééducation. Elle entre en vigueur ce samedi.

(Reuters)

Les camps de rééducation par le travail, ou "laojiao",
sont devenus "superflus ". 56 ans après leur création, les
législateurs chinois ont donc décidé de les supprimer. Dans leur version moderne,
on y enfermait sur simple décision de police les drogués, les prostitués, les
membres de la secte Falun Gong et les pétitionnaires, ces citoyens qui se
plaignent d'injustice pendant quatre ans maximum.

D'après un rapport de l'Onu en 2009, 190.000 personnes
étaient détenues dans ces camps. "Les personnes détenues dans les camps
vont être remises en liberté et ne seront pas tenues d'exécuter le reste de
leurs peines
", assure Chine nouvelle. L'agence de presse officielle précise que le texte entre en vigueur ce samedi.

Nouveau système de détention sans procès

Très critiqués par les organisations humanitaires, les
camps de rééducation par le travail étaient aussi devenus très impopulaires ces
derniers temps. L'an dernier, Tang Hui, une mère de famille enfermée pour avoir
réclamé une peine plus lourde pour les violeurs de sa fille, avait été libérée
sous la pression des internautes chinois.

Pour autant, l'abolition des "laojiao" ne signifie
pas la disparition des détentions arbitraires. D'après Human rights watch, un
nouveau système d'enfermement sans procès est à l'étude pour les infractions
légères et les camps de travail pourraient être reconvertis en centre de
désintoxication.