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La Grèce adopte in extremis un nouveau budget de rigueur

Le pays va ainsi bénéficier d'une nouvelle tranche d'aide d'environ 31,2 milliards d'euros de prêts, indispensable pour échapper à la faillite.

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France Télévisions
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Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, remercie les parlementaires après l'adoption du budget de rigueur, le 12 novembre 2012 à Athènes. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

GRECE – Nouvelle cure d'austérité pour la Grèce. Le pays a adopté, dans la nuit du dimanche 11 novembre au lundi 12 novembre, un nouveau budget de rigueur portant sur l'année 2013. Après une manifestation anti-austérité peu suivie dimanche soir devant le Parlement à l'appel des syndicats, 167 députés grecs sur les 300 ont voté en faveur de ce budget à l'issue d'un débat passionné.

L'adoption de ce nouveau paquet de mesures, d'un montant global estimé à 13,5 milliards d'euros, est également une condition préalable au versement de 31,2 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), dont la majeure partie doit servir à recapitaliser les banques du pays.

 Objectif : le déblocage de l'aide de l'UE et du FMI

Les parlementaires grecs étaient confrontés au même dilemme que depuis le début de la crise de la dette en 2010 : accepter neuf milliards d'euros d'économies pour 2013 et une sixième année consécutive de récession ou risquer de placer le pays asphyxié en défaut de paiement dans un délai relativement rapide.

En outre, le vote du budget ouvre la voie au déblocage d'une tranche d'aide d'environ 31,2 milliards d'euros de l'Union européenne et du FMI, retenue depuis juin afin de contraindre la Grèce à adopter un programme d'ajustement budgétaire musclé. "Nous avons besoin de la tranche [d'aide], car la situation des réserves de l'Etat est limite, le 16 novembre il faut rembourser des bons du Trésor de 5 milliards d'euros", avait dramatisé le ministre des Finances, Yannis Stournaras, devant les députés.

"Le deuxième pas décisif a été fait, maintenant c'est l'heure de la croissance et de la reprise", a dit le Premier ministre, Antonis Samaras, en sortant du Parlement. Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir lundi à Bruxelles pour examiner la situation de la Grèce, son assainissement budgétaire et l'évolution de sa dette. Mais avant de décider tout versement à la Grèce, la zone euro attend d'abord le rapport de la troïka (UE, Banque centrale européenne et FMI), qui porte sur les nouvelles mesures d'économies prises par la Grèce et sur la trajectoire de sa dette.

Ce que contient le texte

Le budget 2013 est bâti sur l'hypothèse d'une sixième année de récession avec une chute du PIB de 4,5% et une réduction du déficit autour de 5,5% du PIB, contre 6,5% en 2012. Ces projections sont fondées sur l'hypothèse de l'obtention d'un délai supplémentaire de deux ans, jusqu'en 2016, pour permettre au gouvernement d'atteindre ses objectifs budgétaires.

Le texte prévoit 9,4 milliards d'euros d'économies, dont la moitié financée par la réduction de 15% des pensions de retraite, tandis que les salaires du public subiront des coupes d'un montant de 1,2 milliard d'euros. Il confirme aussi qu'un report de deux ans des départs à la retraite, à 67 ans contre 65 ans aujourd'hui, est envisagé, ainsi que la poursuite de la fusion de la quasi-totalité des organismes de sécurité sociale et de nombreux hôpitaux.

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