Compétitivité, souveraineté, immigration : les exigences de David Cameron pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE

Le Premier ministre britannique a officialisé ses exigences pour que son pays reste dans l'UE, dans une lettre envoyée au Conseil européen, mardi 10 novembre.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, arrive pour une conférence de presse à la fin d\'un sommet européen à Bruxelles, le 20 mars 2015.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, arrive pour une conférence de presse à la fin d'un sommet européen à Bruxelles, le 20 mars 2015. (ALAIN JOCARD / AFP)

"Accusé de réception", a tweeté le président du Conseil européen, Donald Tusk, mardi 10 novembre, à la réception de la lettre de David Cameron. Dans un courrier très attendu, le Premier ministre britannique dévoile ses propositions de réformes au sein de l'Union européenne pour que son pays reste dans l'UE

Dans un discours prononcé mardi matin à l'Institut royal des affaires internationales, à Londres, le Premier ministre a assuré qu'il ferait campagne "de tout son cœur et de toute son âme pour garder le Royaume-Uni au sein d'une Union européenne réformée" lors du référendum prévu d'ici 2017, à condition que cela soit "sans la moindre ambiguïté" pour l'intérêt national britannique.

Un mot d'ordre : "flexibilité"

Ses demandes s'articulent autour de quatre dossiers : la compétitivité, la protection des Etats hors de la zone euro, la souveraineté et l'immigration. Le Premier ministre souhaite "limiter les aides d’Etat aux migrants, donner plus de pouvoir politique aux Parlements nationaux au sein de l’UE [pour pouvoir bloquer des lois européennes], améliorer la compétitivité [en réduisant notamment la bureaucratie pour les entreprises], et mieux garantir les droits des pays [de l’UE] en dehors de la zone euro", détaille le Financial Times, cité par Courrier internationalEn matière de souveraineté, David Cameron refuse l'objectif de construire "une union toujours plus étroite" entre les membres de l'UE.

Selon lui, ses revendications peuvent se résumer en un seul mot : "flexibilité". "Si cette organisation est suffisamment flexible, nous resterons. Sinon, il faudra sérieusement se poser la question de savoir si le Royaume-Uni y est à sa place", a-t-il déclaré.

L'UE juge certaines demandes "problématiques"

A la réception de la lettre, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a précisé y voir "un certain nombre d'éléments qui apparaissent faisables", comme la volonté de "renforcer le rôle des Parlements nationaux", mais a précisé que d'autres "sont hautement problématiques, car ils touchent aux libertés fondamentales de notre marché intérieur".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a ajouté que les négociations allaient commencer et qu'il lancerait la semaine prochaine "des consultations bilatérales" avec les Etats membres sur ce sujet.