Travailleurs détachés : les contrôles sont de plus en plus fréquents

France 2 a suivi un inspecteur du travail en action afin de révéler une fraude au travail détaché, très fréquente.

FRANCE 2

Ils débarquent à l'improviste sur un chantier choisi au hasard. Ces inspecteurs ne le savent pas encore, mais ils s'apprêtent à découvrir une vaste fraude sur le détachement des salariés. Coffreurs, maçons, tous Portugais, sont présents ici grâce à la directive européenne sur le travail détaché. Ils sont embauchés par une entreprise française via une agence d'intérim portugaise.

Dès les premières questions, les inspecteurs soupçonnent un premier abus. Les travailleurs sont censés venir faire une prestation ponctuelle en France, or certains déclarent être en France depuis plus de dix ans. Souvent accusées de concurrence déloyale, les entreprises doivent respecter des règles strictes. Et ce n'est pas toujours le cas. Six travailleurs détachés seront interrogés sur le chantier. Les vérifications administratives révéleront d'autres manquements. Un seul des ouvriers possède une carte d'identification de travailleur du BTP, un document obligatoire.

Fraude aux heures supplémentaires

La liste des soupçons s'allonge, mais les salariés ne semblent pas prendre conscience de la situation et révèlent involontairement des fraudes plus graves de la part de leur employeur. En comptant le samedi matin, ils travaillent 55 heures par semaine, bien loin des 35 heures réglementaires.

Après le contrôle sur place, l'enquête se poursuit à la direction générale des entreprises. Les chiffres sont édifiants : malgré leurs qualifications, les ouvriers touchent environ le Smic pour seulement 35 heures de travail. Il leur manque presque 90 heures de rémunérations. La société avait déjà été verbalisée à deux reprises par le passé pour des affaires de travail détaché.

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Photo d\'illustration du travail détaché. 
Photo d'illustration du travail détaché.  (MAXPPP)