Ratko Mladic jugé pour les pires atrocités de la guerre de Bosnie

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie est jugé devant le Tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour avoir minutieusement planifié et exécuté le nettoyage ethnique de la Bosnie-Herzégovine, entre 1992 et 1995. Son procès pourrait durer trois ans.

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Il est assis derrière son avocat, à
la droite des juges dont il a applaudi l'entrée dans la salle d'audience.
Costume gris foncé et chemise claire, Ratko Mladic, 70 ans, n'a pas pris la
parole. Il n'a montré aucune émotion à la lecture des 11 chefs d'inculpation
retenus contre lui.

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie est poursuivi pour les mêmes chefs
que son alter-ego politique, Radovan Karadzic, 66 ans, jugé devant le TPIY
depuis octobre 2009 : génocide, crimes contre l'humanité, crimes de
guerre.

Ratko Mladic "a pris en main le nettoyage ethnique
de la Bosnie",
a affirmé à l'ouverture du procès le représentant du bureau
du procureur, Dermot Groome. "Il a pleinement participé à une
entreprise criminelle qui était en marche
[...] L'accusation présentera
des éléments de preuve qui démontreront au-delà de tout doute raisonnable la
main du général Mladic dans chacun de ces crimes",
a-t-il ajouté.

Massacre de Srebrenica, siège de Sarajevo

Le "boucher des Balkans" serbe répond notamment du massacre de Srebrenica en
juillet 1995. Près de 8.000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par
les forces serbes de Bosnie, le pire massacre en Europe depuis la Seconde
Guerre mondiale. Mladic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de
Sarajevo, au cours duquel 10.000 civils avaient été tués. Et enfin pour la
prise en otage de 200 soldats et observateurs de l'ONU en 1995.

Plus globalement, Karadzic et Mladic avaient entrepris, selon l'accusation, de
chasser à jamais les musulmans et Croates de Bosnie du territoire revendiqué
par les Serbes en Bosnie-Herzégovine.

L'ancien général, victime de trois
AVC en 1996, 2008 et février 2011, est à demi-paralysé.

Son procès devant le TPIY pourrait durer trois ans.