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Prix Bayeux 2013 : témoigner et transmettre

Créé en 1994 dans le cadre du 50e anniversaire du Débarquement en Normandie, le Prix Bayeux-Cavados des correspondants de guerre fête du 7 au 13 octobre ses vingt ans d'existence. Un bel âge, à la fois pour faire le point sur le chemin parcouru et pour regarder vers l'avenir.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Alep après un bombardement - Une photo (extrait) de William Roguelon, jeune photograpge indépendant exposé à Bayeux (William Roguelon)

Cette 20e édition, c'est d'abord celle de l'expérience. Ici, au fil des années, tous les grands noms du reportage de guerre et du photo-journalisme sont venus apporter leurs témoignages.

Alors, pour symboliser cette maturité, il fallait une «figure» de la profession. C'est donc James Nachtwey qui va présider le jury 2013. Le photographe américain connaît bien ce rendez-vous : il a reçu par deux fois le Prix Bayeux. Son nom est peut-être inconnu du grand public mais pas ses photos.

 

Ramallah, en Cisjordanie, en 2000. (James Natchway)

En trente ans de métier, James Nachtwey a sillonné la planète avec son regard plein d'acuité et d'humanité. Son confrère Patrick Chauvel dit ainsi de lui que «c’est un des meilleurs gardiens de la paix».

Bayeux lui consacre donc deux rendez-vous. Le premier est une carte blanche présentée à la chapelle de la Tapisserie de Bayeux, avec des clichés qui racontent deux décennies de conflit. Le deuxième s'intitule Sacrifice. Exposé au Musée d’art et d’histoire Baron Gérard, il s'agit d'un tirage de 9,50 mètres, constitué de 60 images noir et blanc, prises dans des blocs opératoires de l’armée américaine en Irak, en 2003.
 
James Natchwey devant la fresque "Sacrifice" (ROBERT MICHAEL / AFP)


Si James Nachtwey fait partie des lauréats de ce Prix Bayeux, les organisateurs ont choisi de rendre cette année hommage à ceux qui, comme lui, ont été récompensés pour leur travail. 142 reporters ont été primés depuis 1994, toutes catégrores confondues. Une grande exposition rétrospective de vingt ans de couverture de guerres, imaginée par Karen Lajon, grand reporter au Journal du Dimanche, et Laurent Nochberg, à l’Hôtel du Doyen.

Un gros effort a été fait côté scénographie avec des photos bien sûr, des articles complets parus dans la presse et la présence de «douches sonores» qui rediffusent des reportages radios.

Une "douche sonore" au milieu de la rétrospective sur 20 ans de reportages de guerre à l'Hôtel du Doyen (Chrystel Chabert)

De nouveaux rendez-vous 

A côté des rendez-vous traditionnels que sont les expositions, rencontres, débats et projections, salon du livre, cette 20e édition a voulu proposer de nouveaux rendez-vous. Ils ont un fil conducteur : l'idée de transmission. Le festival veut se tourner vers la nouvelle génération de reporters de guerre. Et d'abord, montrer leur travail.
Nicolas Jimenez, du quotidien Le Monde a ainsi sélectionné vingt jeunes photographes d'une vingtaine d'années qui, selon lui, «feront partie des grands de demain». Leurs clichés sont exposés en plein air et en grand format un peu partout dans la ville.

La photo réalisée par E. Elias : un combattant de l'armée syrienne libre, blessé, est transporté à l'abri dans la vieille citadelle d'Alep, le 20 août 2012 (Chrystel Chabert)

Transmettre c'est aussi partager

Pour la première fois, une Master Class organisée par l'Agence Noor et Nikon va ainsi permettre à dix jeunes photographes de travailler avec Alixandra Fazzina, Stanley Green et Edouard Poujet.

 Autre nouveauté qui touche cette fois le public : des projections seront organisées dans trois quartiers de Bayeux le samedi soir, alors qu'au même moment se tiendra la soirée de clôture. Des reportages photos de l'AFP qui montrent les grands conflits de l'année écoulée seront projetés en grand format sur la façade d'un immeuble.

Une projection itinérante qui commencera à 19h en se rendant dans trois quartiers différents (Saint Jean, Vallée des Prés et Argouges). Une manière d'impliquer encore davantage les habitants de Bayeux, déjà très accrocs à l'évènement.

L' assiduité de ce public fait d'ailleurs le bonheur des reporters invités, «bluffés» de voir à quel point une ville de 14.000 habitants peut se passionner pour des sujets difficiles. De quoi leur donner peut-être une motivation supplémentaire pour continuer à porter leur regard et leurs plumes au bout du monde, quel que soit le danger.

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