Migrants : une ONG accuse les organismes européens de "crimes contre l'humanité" et en appelle à la Cour pénale internationale

Quinze migrants sont morts après avoir dérivé 11 jours sans eau ni nourriture sans que personne n'intervienne. 

Une embarcation pneumatique au large de la Libye, le 12 mai 2018. (photo d\'illustration) 
Une embarcation pneumatique au large de la Libye, le 12 mai 2018. (photo d'illustration)  (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

"Ils les ont laissés mourir, ça s'appelle un crime" : une ONG a demandé, mercredi 5 décembre, à la Cour pénale internationale d'enquêter sur le "crime" des organismes européens engagés au large de la Libye, où 15 migrants sont morts après avoir dérivé 11 jours sans que personne intervienne. 

Partis de Sabratha, à 70 km à l'ouest de Tripoli, 25 migrants qui tentaient de rejoindre les côtes italiennes ont été emportés par le courant et ont dérivé sans eau ni nourriture, avant de chavirer au large de Misrata, à 270 km plus à l'est, puis d'échouer lundi soir sur une plage, selon le Croissant rouge libyen. Seuls dix personnes, dont deux femmes, ont survécu, dans un état de grave déshydratation.

"Crimes contre l'humanité"

L'ONG allemande Mission Lifeline accuse Frontex et Eunavfor Med de "crimes contre l'humanité". Ces deux agences européennes "disposent de navires militaires, de satellites, d'avions de reconnaissance qui couvrent toute cette zone. Ils avaient les moyens de voir que ces réfugiés étaient en détresse. Mais ils n'ont rien fait", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'ONG, Axel Steier.