Autriche : ce que l'on sait après la découverte de 71 migrants dans un camion

Le véhicule était abandonné, depuis mercredi, au bord d'une autoroute, non loin de la frontière hongroise, dans l'Etat du Burgenland.

La police inspecte le camion réfrigéré où les corps de plus de 70 migrants ont été découverts, jeudi 27 août, sur une autoroute en Autriche.
La police inspecte le camion réfrigéré où les corps de plus de 70 migrants ont été découverts, jeudi 27 août, sur une autoroute en Autriche. (DIETER NAGL / AFP)

C'est une découverte macabre qui choque l'Europe. 71 migrants ont été retrouvés morts, jeudi 27 août, dans un camion réfrigéré stationné sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute dans l'est de l'Autriche, non loin de la Hongrie. Trois personnes, soupçonnées d'être des trafiquants d'être humain, ont été arrêtées vendredi.

Francetv info fait le point sur ce drame.

Comment les cadavres ont-ils été découverts ?

L'odeur putride a assailli les forces de l'ordre autrichiennes lorsqu'elles ont ouvert, jeudi matin, les portes d'un camion qui aurait été abandonné depuis mercredi sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute autrichienne, dans l'Etat du Burgenland. A l'intérieur, ils ont découvert les corps en décomposition de plus de 70 migrants.

Le camion avait été repéré un peu plus tôt dans la matinée par un employé de la compagnie autrichienne des autoroutes. En s'approchant, les policiers ont remarqué des "fluides de corps en décomposition" coulant du véhicule, marqué du logo d'une marque de volaille slovaque et immatriculé en Hongrie, selon le porte-parole de la police Hans Peter Doskozil.

Les causes du décès ne sont pas établies avec certitude, mais la police autrichienne estime qu'il y a "une certaine probabilité" qu'ils soient morts asphyxiés. Les corps ont été transportés à Vienne pour y être autopsiés, et les résultats devraient prendre du temps.

Qui sont les victimes ?

L'identification des victimes prendra du temps. Elles sont mortes depuis un certain temps et plusieurs cadavres étaient déjà partiellement décomposés. Vendredi, la police autrichienne a établi qu'il y avait 71 cadavres dans le camion. "Parmi les 71 personnes, il y avait 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, une fillette âgée d'un ou deux ans et trois garçons âgés de 8, 9 ou 10 ans", a déclaré le porte-parole de la police, Hans Peter Doskozil.

Il a précisé qu'un document de voyage syrien avait été retrouvé, et que le groupe était par conséquent "probablement" constitué de réfugiés syriens. "Nous pouvons écarter l'éventualité qu'il s'agisse d'Africains", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Mais nous ne pouvons pas encore dire s'ils sont tous Syriens", a-t-il ajouté.

Où en est l'enquête ?

Vendredi, sept personnes ont été arrêtées en Hongrie. Parmi elles, un Bulgare d'origine libanaise, qui serait le propriétaire du véhicule. Deux autres - un Bulgare et un homme porteur de documents hongrois -- sont "presque certainement les chauffeurs"du camion, selon la police autrichienne. Toujours selon les policiers autrichiens, ils étaient probablement "de petits membres d'un gang de trafiquants d'être humains bulgaro-hongrois". Les quatre autres personnes ont par la suite été relâchées.

Quelles sont les réactions ? 

Cette terrible découverte a été annoncée alors qu'Angela Merkel participait à Vienne à un sommet avec les dirigeants des Balkans de l'Ouest. Ces derniers en ont profité pour réclamer un "plan d'actions" de l'UE pour contenir les migrants. "Nous sommes tous bouleversés par ces terribles nouvelles, a réagi la chancelière allemande. C'est un avertissement pour que l'on se mette au travail, pour résoudre ce problème et faire preuve de solidarité."

Angela Merkel a reconnu que les pays des Balkans de l'Ouest, traversés par les flux migratoires, faisaient face à d'"énormes défis". "Ce sont de futurs membres de l'Union européenne, il est de notre responsabilité de les aider", a-t-elle ajouté.

"Aujourd'hui est un jour sombre (...) ce drame nous affecte tous", a déclaré la ministre autrichienne de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner. La police autrichienne essaye depuis des années de lutter contre les passeurs qui opèrent dans ce secteur. Mais le pays semble aujourd'hui dépassé par les flux de migrants.