Alpes-Maritimes : des réfugiés mineurs ont-ils été expulsés illégalement ?

Dans les Alpes-Maritimes, certaines associations d'aide aux migrants ont relevé des expulsions illégales de réfugiés mineurs. L'État a déjà été condamné à deux reprises par la justice.

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France 2

Dans le centre-ville de Nice (Alpes-Maritimes), ce soir-là, deux jeunes vagabondent au milieu des passants. Tous deux affirment être mineurs et arrivés en France la semaine dernière. Une nouvelle fois, ils dormiront à la rue, sur les marches d'une église. Pourtant la loi française protège les mineurs isolés, d'où qu'ils viennent. Mais pour bénéficier de cette protection, il faudrait se déclarer à la police. Pour ces jeunes déjà expulsés à cinq reprises, c'est hors de question. Expulser un mineur est interdit par la loi, pourtant, selon les associations d'aide aux migrants, l'État contournerait régulièrement la législation. Dans une vidéo tournée l'été dernier, des CRS interpellent deux jeunes en gare de Menton (Alpes-Maritimes). Les deux jeunes affirment être mineurs, mais les policiers décident de les renvoyer en Italie. L'État a déjà été condamné à deux reprises par la justice depuis le début de l'année. Le préfet du département n'a pas fait appel de ces décisions.

Les difficultés de prouver son âge

La protection de l'enfance est impuissante et saturée : ici de plus en plus de jeunes sont examinés afin de déterminer s'ils sont effectivement mineurs. C'est ce qui est arrivé à Frédéric, orphelin gabonais de 16 ans. Il est livré à lui-même jusqu'à sa rencontre avec un bénévole qui l'accompagnera dans ses démarches afin qu'il soit placé dans un foyer. Mais le jeune homme n'a pas de passeport et peine à prouver son âge. Malgré son extrait de naissance, il ne parvient pas à convaincre les évaluateurs et se retrouve à la rue. Après un recours, il a finalement été pris en charge un mois plus tard. En France, l'année dernière, 25 000 jeunes sont entrés en France. Le chiffre a doublé, en à peine un an. 

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Des migrants mineurs à Calais (Pas-de-Calais), le 2 novembre 2016.
Des migrants mineurs à Calais (Pas-de-Calais), le 2 novembre 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)