Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du dimanche 22 mai

Au 88e jour de l'invasion russe, l'état-major ukrainien a relevé, dimanche, que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire".

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Un pont détruit entre Lyssychansk et Severodonetsk, le 22 mai 2022, en Ukraine. (ARIS MESSINIS / AFP)

L'armée russe a continué à bombarder l'est de l'Ukraine, dimanche 22 mai, dans l'optique de prendre Severodonetsk, dans le Lougansk, l'une des deux régions constitutives du Donbass. Sur le front diplomatique, la France a estimé que l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne prendrait "sans doute 15 ou 20 ans", au risque de faire grincer des dents à Kiev. Voici les principales informations de la journée.

Des frappes russes "sur tout le territoire"

Selon la présidence ukrainienne, des bombardements russes ont visé les villes de Mykolaïv, Kharkiv et Zaporijjia dans la nuit de samedi à dimanche. Dans son point matinal quotidien, l'état-major ukrainien a relevé que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire" et en avait même "augmenté l'intensité en utilisant l'aviation pour détruire des infrastructures cruciales".

Selon l'Institut pour l'étude de la guerre, un centre de recherche américain, les forces russes ont "gagné du terrain" dans la zone de Rubijné-Severodonetsk-Lyssychansk et ont "intensifié leurs efforts pour capturer Severodonetsk". Près de cette localité, les troupes de Moscou ont détruit un pont, montrant leur volonté d'encercler la ville.

La loi martiale prolongée de trois mois en Ukraine

Lors de deux votes, le Parlement ukrainien, la Rada, a approuvé, dimanche, la prolongation jusqu'au 23 août des décrets présidentiels sur la loi martiale et la mobilisation générale. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, les avait signés le 24 février, au premier jour de l'invasion russe dans le pays. Ils ont déjà été prolongés à deux reprises, pour une durée d'un mois.

Une visite "historique" du président polonais à Kiev

Le président polonais, Andrzej Duda, est devenu, dimanche, le premier chef d'Etat étranger à s'exprimer devant le Parlement ukrainien, à Kiev, depuis le début de l'invasion russe. "Après [les massacres à] Boutcha, Borodianka, Marioupol, il ne peut plus y avoir de 'business as usual' avec la Russie", a-t-il déclaré, lors d'un discours plusieurs fois interrompu par des ovations debout. Il a affirmé qu'il ne relâcherait pas ses efforts "tant que l'Ukraine n'est pas membre de l'UE".

Son homologue ukrainien a, pour sa part, salué devant les députés "un moment historique", "une union historique entre les peuples ukrainiens et polonais""La Pologne joue un rôle important dans notre futur, dans notre futur commun au sein de l'Union européenne", a affirmé Volodymyr Zelensky. Si l'Ukraine devient membre de l'UE, "ce sera grâce à la Pologne". Un accord bilatéral allégeant les contrôles douaniers à la frontière entre les deux pays sera signé "dans un futur proche", a-t-il également annoncé.

L'Ukraine dans l'UE dans "15 ou 20 ans", selon Paris

L'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne prendra "sans doute 15 ou 20 ans", a estimé, dimanche, le ministre français délégué français aux Affaires européennes, Clément Beaune. "Si on dit que l'Ukraine va rentrer dans l'UE dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, on ment. Ce n'est pas vrai. (...) C'est très long", a-t-il estimé, en préconisant que Kiev entre en attendant dans la communauté politique européenne proposée par Emmanuel Macron.

Le 9 mai, le président français avait jugé que le processus d'adhésion à l'UE, à laquelle aspire Kiev, "prendrait plusieurs années, en vérité plusieurs décennies", d'où sa proposition d'une "organisation européenne nouvelle". Samedi, Volodymyr Zelensky a de nouveau rejeté cette piste : "Nous n'avons pas besoin d'alternatives à la candidature de l'Ukraine à l'UE, nous n'avons pas besoin de tels compromis."

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