Le pape reçoit le prix Charlemagne pour son engagement en faveur de l'Europe

Le prix Charlemagne, qui récompense une personnalité engagée en faveur de l’Europe, revient cette année au pape François. Exceptionnellement, ce prix attribué depuis l’après-guerre à Aix-la-Chapelle en Allemagne, est remis à Rome, en mains propres, au souverain pontife argentin. Il prononcera un discours à la mi-journée ce vendredi alors que l’Europe se déchire autour de la crise migratoire.

(Alors que l’Europe se déchire autour de la crise migratoire, le pape a récemment rappelé sa tradition d’accueil au vieux continent en ramenant de Lesbos, en Grèce, trois familles de réfugiés syriens © REUTERS/Filippo Monteforte)

Pour remettre le prix Charlemagne au pape François, les trois présidents des institutions européennes, Martin Schultz (Parlement européen), Jean-Claude Juncker (Commission européenne) et Donald Tusk (Conseil européen), ont fait le déplacement.  

"Le mot clé est refondation de l’Union européenne " - François

C’est son ami le cardinal allemand Kasper qui a convaincu le pape d’accepter le prix Charlemagne. Car à l’écouter, il n’est pas friand des récompenses. Mais ce prix doit lui servir de tribune. Le pape devrait axer son discours ce midi sur la refondation européenne. Il abordait déjà la question dans une interview au mois de février dernier : "Où sont passés les Schuman, les Adenauer, les pères de l’Europe ? Le mot clé est refondation de l’Union européenne'.  Nous devons tout faire pour que l’Europe ait la force d’aller de l’avant ", avait alors déclaré le souverain pontife. 

Dans son discours au Parlement européen, à Strasbourg en 2014,  le pape rappelait son devoir à l’Europe de prendre soin de la fragilité des peuples et des individus. Depuis, la crise migratoire a déchiré le vieux continent et le Pape martèle la nécessité d’accueillir les plus faibles. Il est lui-même rentré récemment de Lesbos, en Grèce, avec 12 réfugiés syriens.

François est le deuxième pape à recevoir le prix Charlemagne après Jean-Paul II  en 2004 qui, déjà, rêvait d’une Europe sans murs, exemplaire en matière de justice, de paix et de fraternité.

Le pape reçoit le Prix Charlemagne. A Rome, le reportage de Mathilde Imberty
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