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Le MES : pare-feu financier européen

L'arsenal anti-crise européen renforcé et pérennisé par les pays de la zone euro sous le nom de Mécanisme européen de stabilité (MES) va progressivement se substituer, d’ici 2013, à l’ancien Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le nouveau dispositif de secours financier européen, laborieusement mis en place, doit protéger les pays européens menacés par la crise de la dette.
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France Télévisions
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Photo de famille à la Communauté économique de l'Union européenne et des affaires financières (ECOFIN) qui s'est tenue à Copenhague le 30 Mars 2012. (AFP PHOTO / SCANPIX DANEMARK / JENS ASTRUP)

Réunis à Copenhague le 30 mars 2012, les dix-sept pays de l'Eurogroupe ont décidé de combiner les deux fonds de sauvetage existants et porté la capacité d'intervention des fonds d'urgence du pare-feu européen à quelque 800 milliards d'euros.

Cette somme comprend :
- les 500 milliards d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de secours permanent pour les pays en difficulté qui entrera en vigueur le 1er juillet 2012.
- les 200 milliards déjà engagés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), fonds d'urgence temporaire mis sur pied en mai 2010, qui sera désactivé en juillet 2013.
- la centaine de milliards de prêts anciens du Mécanisme européen de stabilité financière (MESF), première réponse à la crise de l'euro et de prêts bilatéraux consentis à la Grèce en 2010.


Capacité de prêts
Dans la réalité, le pare-feu ne disposera que de 500 milliards d'euros potentiels d'argent frais pour le FESF et le MES combinés, compte tenu du démarrage progressif de l'activité du MES qui interviendra au fur et à mesure du versement de ses fonds propres par les 27 sur une période de plus de trois ans ainsi que de la fin du FESF à l'été 2013.
 

Fonctionnement
Le FESF emprunte sur les marchés de l'argent à des taux faibles grâce à des garanties apportées par les Etats de l'Union monétaire et le reverse aux  gouvernements qui ne peuvent plus emprunter seuls à des taux raisonnables en raison de leurs difficultés budgétaires. Trois pays sont dans ce cas, la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Le MES va prendre à terme de manière permanente la place du Fonds européen de stabilité financière et pourra, lui aussi, lever de l'argent sur les marchés afin de le prêter à des taux bonifiés aux pays en difficulté. Il pourra également acheter de la dette d'Etat sur le marché secondaire (où s'échangent les titres en circulation), pour faire baisser les taux sur les marchés.
Autres compétences: mettre en place des programmes d'aide préventifs pour des pays qui le demandent et refinancer des banques en difficulté.
Mais ce Mécanisme ne pourra bénéficier qu'aux pays de la zone euro qui auront ratifié en parallèle le traité renforçant la discipline budgétaire.
   

Calendrier
Le MES doit entrer en activité le 1er juillet 2012, avec un an d'avance sur le calendrier initial et cohabiter jusqu'à l'été 2013 avec son prédécesseur.
La constitution de son capital doit se faire progressivement au prorata du poids économique des Etats participants.
La zone euro s'est mise d'accord pour accélérer les versements en payant les deux premières tranches en 2012. Deux autres seront versées en 2013, puis une cinquième et dernière début 2014.


Réactions à l'accord
«La zone euro a répondu aux demandes de ses partenaires internationaux, du G20 et des pays des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine, NDLR). Je suis convaincu que la décision d'aujourd'hui ouvrira la voie à une décision du FMI lors de ses réunions du printemps», a déclaré Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.
   
Les Etats-Unis, le Mexique - qui préside actuellement le G20 - et la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ont salué ce renforcement du bouclier financier de la zone euro, qui était présenté comme une condition préalable à tout relèvement des ressources du FMI qui se réunit en avril. L'institution de Washington avait fait du renforcement du filet de sécurité de la zone euro une condition avant d'envisager toute augmentation de son propre soutien à l'Union monétaire.

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